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Album

22/04/16 - S.A.D.E

Verdun

The Eternal Drift's Canticles

LabelThroatruiner Records
styleDoom/Sludge
formatAlbum
paysFrance
sortieavril 2016
La note de
S.A.D.E
8/10


S.A.D.E

Chroniqueur doom, black, postcore, stoner, death, indus, expérimental et avant-garde. Podcast : Apocalypse

Actif depuis 2010, Verdun nous avait gratifié en 2012 d'un premier EP, The Cosmic Escape of Admiral Masuka, qui avait tout d'un premier né très prometteur. C'est avec quatre ans de maturation dans les pattes et une flopée de dates (avec Yob, Electric Wizard et Rorcal, entre autres), que les montpeliérains reviennent dans les bacs avec ce premier LP : The Eternal Drift's Canticles.

Avec ce premier album, Verdun garde le cap sur du doom matiné de sludge où bouillone en filigrane une énergie hardcore tout en tension. Passée l'intro simple mais réussie de Mankind Seppuku, Verdun vous écrase sous des kilotonnes de riffs épais et visqueux. Le son est assez difficile à décrire, on trouve, cohabitant dans les mêmes platebandes, la lourdeur du doom et une dureté un peu froide qui offre une sensation de malaise des plus soignées. En un mot, le son est dense. Au niveau du chant, on trouve également une dualité marquée, d'un côté un chant parlé, très ritualiste, de l'autre des cris typés hardcore. Verdun parvient donc, à partir d'une base doom, à proposer quelque chose de très personnel, et c'est franchement réjouissant quand on voit, avec l'engouement actuel pour la lenteur, le nombre de groupes interchangeables qui émergent.

L'une des grandes forces de The Eternal Drift's Canticles sont ses lead de guitares : Verdun offre des moments de pure mélancolie entre deux grosses bûches et c'est hyper bien senti à chaque fois. L'accalmie avant la dernière charge de Mankind Seppuku est parfaite, les dernières minutes de Jupiter's Coven itou, tout comme les interludes de Dark Matter Crisis et, à chaque fois, l'atmosphère mélancolique posée par ces lignes mélodiques se pose comme il faut et quand il faut. Il arrive que certains effets de ce type tombent comme un cheveu sur la soupe, mais ici ce n'est absolument pas le cas, Verdun parvient à construire avec finesse ses (longs) morceaux et tout s'enchaîne avec fluidité et cohérence. Verdun se paie également de belles tranches de meulage en bonne et due forme, avec quelques passages (sur Self-Inflicted Mutalitation et le gros coup de massue de Glowing Shadows, notamment) qui en live briseront des nuques et pas pour rire. Parce que globalement, on ne rigole pas sur The Eternal Drift's Canticles. Verdun ne propose pas un doom un peu chaud et accueillant, non. Ce que produit Verdun est plutôt hostile. Le chant hurlé n'y est pas pour rien, mais ce sont tous les petits détails dont fourmille l'album qui donne son aura malveillante à la musique : larsens bien stridents qui trainent, samples en fond de mix qui ne vous veulent pas du bien, bidouillages d'effets étranges, Verdun a travaillé son album avec soin et ça se sent.

Il y a très peu de déchets sur ce premier album de Verdun. Et c'est sans doute pour cela qu'il a mis quatre ans à sortir (ou bien le groupe est très attaché aux années bissextiles) : chaque élément a été pensé longtemps, choisi avec soin et incorporé avec finesse. Et la méthode fonctionne, The Eternal Drift's Canticles est une réussite. Varié tout en étant cohérent, avec une construction précise et une production ajustée, ce premier LP confirme les promesses que lancait The Cosmic Escape of Admiral Masuka.

Tracklist de The Eternal Drift's Canticles

01.Mankind Seppuku
02.Self Inflicted Mutalitation
03.Dark Matter Crisis
04.Glowing Shadows
05.Jupiter's Coven

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