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Album

06/04/16 - DarkMorue

War Inside

S.U.T.U.R.E

LabelFinisterian Dead End
styleDeath/Black
formatAlbum
paysFrance
sortiefévrier 2016
La note de
DarkMorue
7/10


DarkMorue

Un mec qui écrit des trucs.

Alors, je pourrais faire une intro en racontant comment la scène nantaise c'est cool et ça partouze joyeusement. Sauf que je l'ai déjà fait pour ma chronique de Devoid, et vu qu'elle date d'il y a pas longtemps je veux pas avoir l'air d'un vieux papy qui radote donc allez la voir si vous voulez des infos. Dans le name-dropping des groupes de qualités, j'y citais justement War Inside. Parce que c'est un immanquable du secteur, véritables bourreaux de la scène qui pratiquent un Metal Extrême assez hybride mais hyper efficace. Imaginez juste un rejeton de Dissection qui se la jouerait très moderne et actuel, citant également Behemoth sur son CV pour la forme (mais sûrement pas le Behemoth chiant persuadé qu'il sait faire des mid-tempos d'après "Demigod") et vous avez une idée du truc, ça riffe et ça cogne, c'est froid mais ça fait bouger. Et donc, après un "Welcoming the Crow" qui a sacrément pété des gueules et fait partie des opus les plus solides de la scène nantaise, les voilà qui reviennent sous la tutelle de Finisterian Dead End pour un second album et l'envie d'en découdre avec le monde entier.

"SUTURE" a tout pour s'imposer dans la scène hexagonale. Parfaitement mature, et avec des atouts pour faire parler de lui. Déjà, Thomas, le hurleur attitré du groupe, a rejoint rien de moins que Regarde les Hommes Tomber pour leur second album. Soit LE groupe qui buzze à fond, les Français qui grimpent le plus actuellement et font couler ce qu'il faut d'encre de par le créneau parfait qu'ils ont choisi, mettant d'accord toutes les scènes un peu hipster à la fois. De quoi donner un joli coup de boost à sa formation originelle. Et surtout, musicalement, ça sonne pro de chez pro et accompli comme il faut, c'est propre, ça pulse, pof, parfait. Pour autant, j'ai quand même été un poil déçu par ce nouvel album, mais pour des raisons qui n'enlèvent rien à ses qualités (j'ai d'ailleurs pris une sacré claque en le découvrant en live pour sa release party, comme quoi).

En fait, War Inside s'est un peu calmé. C'est le cliché de ce qu'on appelle "l'album de la maturité", chose qui ne veut certes absolument rien dire mais qui prend quand même tout son sens dans ce genre de cas (oui je me contredis je sais). On a rajouté un petit peu trop de At The Gates dans le Dissection, et du coup le côté Mélodeath prend un peu trop le pas sur la furie Black/Death des débuts. Ce côté très propre, mélodique et carré nuit un peu à l'énergie dégagée par le tout, mais d'un autre côté la nouvelle orientation est superbement négociée. Alors okay, on pleure un peu de pas se faire malmener comme avant, mais c'est pas non plus devenu totalement mou de la bite pour autant hein. Le changement est pas non plus si important, on a un peu dilué mais pas changé de bord. Rien que le premier morceau en dit long sur les intentions belliqueuses, hurlant des "Will Power !" qui font quand même très très Phil Anselmo. Un truc qui choque d'office : la performance vocale impressionnante de Thomas, dont les cris Black semblent parfois totalement incontrôlables et vont chercher leurs notes bien trop haut pour que ce soit humain, le tout secondé par des growls efficaces et dégageant une énergie bien particulière. Là, rien à redire.

Pour les compos c'est moins évident. On a un petit ventre mou en milieu d'album avec un morceau instrumental bien trop bateau et n'ayant strictement aucune ambiance. Ainsi qu'une "Name Us Defective" qui se veut énergique et tubesque mais tombe vite à plat malgré un départ sur les chapeaux de roues, se répétant trop et le featuring copain de label n'apportant pas grand chose car faisant vraiment pâle figure aux côtés des hurlements déments du frontman. Mais à côté de ça, on a d'énormes boucheries épiques comme "Body Bones" et "Maggots On Candies" qui savent quand saccader et quand envoyer de la mélodie qui fait mouche. On retient aussi le gros pilonnage final qu'est "Rictus" qui pour le coup sort vraiment plus que jamais les influences Behemoth mais en totalement bien fait, ou cette superbe "Cold As Dead" qui démarre de manière lourdingue comme un bon gros mid-tempo qui prend toute la place avant de littéralement exploser et tout casser sur son passage. Le tout tape fort mais le son, puissant et moderne, est un chouia trop clinique et rend l'ensemble moins explosif qu'il a pu l'être par le passé, lissant un peu et insistant pas forcément sur les plus grandes qualités. Plus accessible mais moins personnel, immédiat mais manquant du petit truc en plus qu'on avait avant. En gros, retenez que mon discours contient tous les clichés de ce que dirait le relou qui soutient que "le nouvel album est pas mal mais c'était mieux avant #Trve".

Enfin, soyez pas découragés non plus hein. On va pas taper gratuitement sur un groupe qui a sorti un album qui en impose autant et devrait avoir son petit succès partout où il passera. Si j'ai mis 7/10 c'est parce qu'ils m'ont tellement cassé la gueule avant qu'en comparaison je met 6/10 mais que franchement si on en fait abstraction ça peut taper un 8/10. Et de toute façon les notes on s'en fout, l'important c'est de lire la chronique non ? Non ? Dites le tout de suite si je vous emmerde. Oui ? Snif. Okay. Ben je m'arrête donc là et vous dit que dans tous les cas, si petite déception il y a face à un album moins fougueux et plus rentré dans la masse que ce à quoi ils nous avaient habitués, War Inside reste le genre de groupes que l'on doit soutenir, et restent des bêtes de scène qui mettent la calotte de leurs morts à tous ceux qui se risqueront devant. Vous êtes prévenus.

Tracklist :

1 – Demiurge
2 – The Milgram Whore
3 – Body Bones
4 – Name Us Defective
5 – Penance
6 – Cold As Dead
7 – Maggots On Candies
8 – Connivance
9 – Rictus