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mardi 22 septembre 2015 - Nostalmaniac

No Compromise Metal Fest

David et Christine

Nostalmaniac

Le Max de l'ombre. 29 ans. Rédacteur en chef de Horns Up (2015-2020) / Fondateur de Heavy / Thrash Nostalmania (2013)

La troisième édition du No Compromise Metal Fest, c'est dans dix jours ! Rencontre avec les organisateurs de ce festival belge, David et Christine. Un couple de véritables passionnés qui ne mâche pas ses mots et parle avec enthousiasme et passion de son festival dédié à l'underground.


 

- Bonjour David, bonjour Christine. Vous êtes les organisateurs du No Compromise Metal Fest en Belgique. Comment est né ce festival ?

David : Pour résumer, la naissance du festival réside dans le fait qu’on voulait faire quelque chose de spécial pour nos 25 ans de mariage et on s’est dit qu'au lieu d’inviter nos familles, on allait se lancer dans l'organisation d'un festival ! On a contacté Sandro de la Taverne du Théâtre, et de là est née la première édition. Totalement gratuite, car on voulait juste faire la fête avec la meilleure affiche possible par rapport à nos goûts.

- La première édition a eu lieu en octobre 2013 avec le groupe allemand Attic en tête d’affiche. Comment ça s'est passé ?

David : super bien parce qu'Attic nous a fait un méga cadeau. On n'avait jamais organisé quoi que ce soit à ce niveau-là. On avait publié des magazines par le passé, mais niveau organisation concert on était nulle part.
Christine : ils nous ont fait confiance.
David : Attic est une sorte de King Diamond / Mercyful Fate actuel. Ces gars sont d’une gentillesse incroyable, ce sont même tous devenus des copains. Quand ils sont rentrés en Allemagne, ils ont “tapé dans notre dos” dans le bon sens et c’était lancé pour la suite.

- La seconde édition avec Crystal Viper rendait donc ça plus sérieux alors ?

David : Oui, on voulait être plus carré. On s’est rendus compte que pour la première édition on a fait ça à l’arrache, “rock’n’roll”, c’était terrible. Pas d’embrouilles, pas de retards, rien du tout. Pour la deuxième édition, on a donc essayé d’être plus professionnels mais il y a eu sabotage d’un groupe qui a joué et qui a mis du retard dans le planning. Il y avait pas mal d'autres festivals à la même période. On avait moins de gens qu’on pensait mais je vais dire que dans l’ensemble ça s’est très bien passé. On n'a rien à regretter.

- Et donc, vous êtes de retour pour la troisième édition le 3 octobre prochain. Quels sont les groupes que vous avez voulu booker en priorité cette année ?

Christine : Portrait ! On les voulait déjà l’année passée mais ça n'avait pas pu se faire. On les a cette année et c’est le principal. Warhammer aussi, un souhait plus personnel ! Nos potes Allemands d'Obsessör, Evoked...
David : Les français de Blackowl et Electric Shock aussi. Putain de Rock’n’roll, putain de Heavy Metal !
En tout cas, Portrait représente pour nous la quintessence de ce qui se fait en Heavy Metal actuellement plus particulièrement dans l’Underground. Le mainstream on oublie mais je ne veux pas rentrer dans ces débats-là. C’est vraiment un de mes groupes préférés.

- Tout s’est mis en place assez rapidement ?

Christine : Avec les Allemands et les Français, oui !
David : Oui. Après, tu as toujours les problèmes de backline, d’hébérgement, etc.

- La première édition avec Attic, la seconde avec Crystal Viper et cette troisième édition avec Portrait. Ce sont des groupes qui ont l’esprit “No Compromise” ?

David : Totalement ! L’année passée on avait eu des questions du genre “Pourquoi tu fais jouer Crystal Viper qui est un groupe apparenté à du Power Metal fanfreluche ?”.
Christine : (rires) C’est pas Bon Jovi, non plus.
David : ils sont hyper gentils et savent se bourrer la gueule ! J’ai évoqué un problème avec un groupe lors de cette édition. Il ne faut pas croire que c'est eux ! Les apparences sont parfois trompeuses.
Christine : Marta (Ndlr : Gabriel, chanteuse de Crystal Viper) est géniale. Une grande buveuse !

- Et comment sentez-vous cette nouvelle édition qui approche ?

David : On le sent assez bien. Au niveau des groupes, ils vont être géniaux… On ne les choisit pas par spéculation mais parce qu’on aime réellement ce qu’ils font. C’est la raison d'être du festival. C'est certainement pas l'argent ! Il n’y a aucun groupe "moyen" même le premier groupe à 11h (Evoked) envoie du lourd. C’est une affiche variée. Certains nous disent, “pourquoi vous ne faites pas une affiche 100% extrême”, d’autres “pourquoi vous ne faites pas une affiche 100% Heavy Metal ?”. Ce n'est juste pas possible car le No Compromise Metal Fest, c’est nous et on écoute du Hard Rock, du Heavy Metal, du Speed, du Black, du Black/Thrash, du Death et tout ce qui s’en suit sauf le Metalcore et ses groupes en plastique.
En tout cas, on aura beaucoup de metalheads suisses, allemands et français qui vont venir et on s'en réjouit.

- Quelle est la capacité de la salle ?

David : 180 niveau public et tu ajoutes bien sûr le staff, les groupes, les guests, etc.

- C’est un choix une si petite capacité ?

Christine : Oui, totalement ! On veut rester petit, on ne veut pas s’aggrandir, on ne veut pas devenir le Graspop ! Jamais...

- Que ça reste à taille humaine…

Christine : Oui et pas seulement Underground, on veut que ce soit … familial et convivial.
David : Oui, familial… En fait, Sandro, pour expliquer les choses, c’est un gars qui a sa taverne, il organise tout le temps des concerts, des festivals et ce gars nous aide et nous soutient à 200%. Sans lui, on aurait arrété après la première édition. Il nous avait proposé de faire ça au Palace (Ndlr : une salle de plus grande capacité à La Louvière) et on a refusé car pour nous la Taverne, c’est un peu notre deuxième maison. On y est tous les week-end. On a tous nos amis qui sont là, on ne veut pas bouger. Si dans dix ans on fait encore le No Compromise, j'espère que ce sera toujours à la Taverne.

- Quels sont les festivals qui vous ont servi de modèle ?

Christine : Sans hésiter, le Metal Méan et le Metal Magic (Ndlr : un festival danois qui se déroule en juillet).
David : Et un peu aussi le Live Evil Fest en Angleterre mais on nous considère un peu comme les petits frères du Metal Magic.

- Pourquoi l’affiche est-elle 100% internationale ?

David : C’est très simple. Malheureusement, un groupe belge a tendance à te demander plus de pognon qu’un groupe qui vient de Slovénie, d’Angleterre ou de Suède. On a eu des cadeaux faits par des gens qui viennent de très loin. C’est pas qu’on ne veut pas supporter la scène belge mais ça doit être donnant-donnant dans le sens où on a besoin des groupes et les groupes ont besoin d’orgas comme nous. On est pas nombreux à organiser des festivals, des concerts comme ça 100% Metal en Belgique. C'est une question de culture aussi, je pense. Dans le Sud de la France, tu as de plus en plus de groupes émergents et on a l’embarras du choix. En Belgique, tu es assez limité.

- La Louvière, c’est une ville Metal ?

David : Non pas du tout, mais c'était le cas dans les années 80, début 80. Quand on montait en Flandres pour aller voir des concerts avec nos copains de Charleroi, tu avais la moitié de la salle c’était des Flamands bien sûr et l’autre moitié c’était des Wallons, ceux de Charleroi et La Louvière comme nous. Tout ça pour te donner une idée comment c’était à l’époque mais bon le passé appartient au passé. Tout a tellement changé. Ce n’est plus la même mentalité.

- Il y a donc deux groupes français prévus à l’affiche, Blackowl et Electric Shock, tu peux nous en parler ?
(Ndlr : trois depuis l'annulation de Nocturnal Witch remplacé par les nordistes de Skelethal).

David : On essaye avec le No Compromise Metal Fest d’avoir un maximum d’exclusivités, de one shot. La France, surtout dans cette région-là, fournit de plus en plus de groupes de qualité que ce soit en Hard Rock, Heavy Metal, Speed, Black/Thrash, etc. Jusqu’à présent les Electric Shock ont sorti un EP, ils sont en quête d’un label pour un premier long format qui sera sans doute moins Hard Rock et plus Heavy mais totalement "roots". Blackowl a une démo. Old Axe Cult Records devrait sortir un EP prochainement, je pense.

Vous avez d’autres projets à part le No Compromise Metal Fest ?

Affirmatif. Par exemple, notre fille voudrait organiser elle aussi des concerts mais plutôt Hard Rock / Heavy Metal. Sinon, si cette édition marche comme on l’espère, on aimerait organiser d’autres concerts sous l’égide du No Compromise avec 3 ou 4 groupes toujours à la Louvière. On ne sait pas encore si ce sera entrée gratuite ou non. A part ça, il y a un autre projet qui me tient moi particulièrement à coeur c’est de faire du No Compromise un label totalement underground et ressortir des live en soundboard de groupes passés et parfois malheureusement sous-estimés. Dans le genre 50 exemplaires en K7 mais c’est encore à voir.
Notre but c’est un peu de ramener ce qu’on a connu dans les années 80 et de redonner le goût du vrai Metal aux gens.

De jeunes formations peuvent vous contacter ?

Oui mais on a déjà beaucoup de demandes et certains n’ont pas compris qu’on se base uniquement sur le Metal traditionnel. Le Metalcore, on n'en a pas besoin. Il faut rester cohérent et après si on a un coup de cœur, pourquoi pas. On fait un festival principalement parce qu’on aime les groupes.

De manière utopique, quelle serait votre tête d'affiche de rêve ?

David & Christine : King Diamond !

Quels sont les groupes de la région qui suscite votre intérêt ?

David : Horacle qu’on a déjà fait jouer. Je pense aussi à Slaughter Messiah, Spermafrost et il y a quelques groupes en Flandres comme Kosmokrator, Bones, POX, Hämmerhead, etc.
Christine : d’ailleurs un petit mot sur Hämmerhead qu’il faut soutenir absolument, on leur a volé à eux et Speed Queen leur matos en Italie pour un montant de 30.000 €. Ils ont un peu tout perdu donc s'il y a des gens qui ont des idées d’organisation de concerts de soutien, on est prêts à aider tout le monde ! Cette année au No Compromise, il y aura une tirelire pour Hämmerhead et Speed Queen.

Le No Compromise, c'est donc aussi l’entraide…

David : Il faut que les gens comprennent que les orgas ont besoin de l’aide des gens pour continuer et après c’est tout bénéfice pour les groupes. Tout le monde est gagnant. On a l’impression que les gens en Belgique se sentent Metal parce qu’ils font leur B.A. en allant au Graspop ou à l’Alcatraz dépenser beaucoup d’argent. S’ils croient qu’on maintiendra la scène Metal vivante de cette façon, bonne chance ! Mais moi, je n’y crois pas. Il faut se bouger un peu plus. C’est pas qu’on pisse sur les groupes ou les festivals devenus “mainstream” mais il faut comprendre que dans la scène underground, il y a les groupes de demain. Il faut donc les soutenir autant qu’un Iron Maiden. Sinon, ce sera quoi la scène de demain ? L’underground n’est pas l’ennemi du mainstream, c’est les racines. 

Je vous laisse le mot de la fin !

David : Si vous voulez que la scène Metal perdure, n’allez pas seulement aux gros festivals mais soutenez les petits festivals où c’est 100% blood, sweat & no tears. 100% Rock ‘n’roll !

Propos recueillis le 13 septembre.



Le site internet du festival : nocompromisemetalfest.net
La page Facebook du No Compromise Metal FestICI.