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samedi 18 juillet 2015 - S.

Ragnard Rock Festival - Jour 2

Dans les prés - Simandre-sur-Suran

S.

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Samedi 18 juillet 2015

Moi qui pensais passer une nuit tranquille et requinquante en m’exilant seul dans une lisière de forêt à quelques kilomètres du fest’…penses-tu ! Après même pas trois heures de sommeil, voilà que Thor a décidé de débarquer dans le coin en grondant et balançant sa flotte sur le secteur. Ce n’était pas du tout prévu au programme, et comme j’avais planté la tente à l’arrache, la fin de nuit fut quelque peu humide et bruyante. Déjà je me pose des questions sur les conséquences sur la zone de festival, ils semblent accumuler les problèmes pour cette première édition ! Après une « douche » rapide à la bouteille, je retourne sur Simandre sans vraiment me presser, pressentant un léger retard. Léger ? Je suis bien loin du compte. Alors que sur le papier le premier groupe devait commencer à 10h, il va falloir patienter jusqu’à 13h ! La raison ? Apparemment la commission de sécurité doit inspecter le site pour donner son feu vert ; d’ailleurs, le département est placé en vigilance orange pour la fin de journée…décidément, on les cumule. Bon, heureusement, pas de dégâts à signaler après l’orage matinal ; pour autant, ça n’a pas vraiment rafraîchi l’air.
Niveau running-order, on continue comme la veille, façon PMU tiercé dans le désordre. Ce n’est pas Nydvind qui attaque, mais Malmort. Bon, peu importe, tant que ça commence !

 

MALMORT

Contrairement à hier, ce n’est pas avec du mauvais folk que les hostilités sont déclenchées, mais avec le bon Black de Malmort. Les chambériens sont venus lancer l’assaut avec bon nombre de titres issus de leur dernier album Excerpta Funebris. Je reconnais avoir été sévère dans ma chronique, mais j’étais convaincu que leur prestation allait dépoter, comme ce fut le cas au Black Arts cru 2013, où je les avais découvert. Sentiment confirmé. C’est franc, direct et hostile, tout ce que j’aime dans ce style qui me parle ; mention spéciale au titre « les écorcheurs », ravageur en live. Alors certes, du Malmort en début d’après-midi par une chaude journée d’été, ce n’est pas l’idéal (surtout pour leur maquillage qui n’aura pas résisté longtemps), mais leur musique passe bien. Bon set les gars !

 

Setlist (officielle) :
Cruciatus
Le Mege de Second Ordre
Les Ecorcheurs
Mavakeia
Sword Under Furnace Bridge
Le Gibet de Montfaucon
MCDXXXI-MCDXL

 

NYDVIND

On ne pinaille pas, à peine 5 minutes après la fin de Malmort, c’est au tour des franciliens de Nydvind d’enchainer. Un nom qui me dit vaguement quelque chose au moment où ils montent sur scène, mais un nom que je vais retenir ! Le quatuor envoie un Pagan Black Metal de tout premier ordre, c’est catchy, rapide, tout en distillant des atmosphères intéressantes, typées « vieil esprit de la forêt », avec ces quelques passages à la voix claire incantatoire, de beaux solos et des mid-tempos envoûtants. Une musique que l’on peut ranger entre les Belenos, Stille Volk et Primordial. Parmi la setlist proposée, figure un titre de leur prochain album à paraître prochainement, « Skywrath ». A surveiller de près.

 

Setlist (officielle) :
Plying The Oars (Intro)
Skywrath
Riding Majectic Crests
Son of Fire
Eclipse over The Shadowed Land
Thunderhymn

 

HELROTH

Place désormais aux polonais d’Helroth. Que dire…du folk metal petites fleurs et compagnie, sans intérêt pour ce qui me concerne. Pendant que les trois-quarts du public masculin se paluchent sur la flûtiste, moi je m’ennuie à mourir. Au suivant !

 

Setlist (officielle) :
Wilcza Jagoda
972
Silitian Tale
I,  Pagan
Bracia
Wataha

 

OBSESSION

Ah quelque chose de viril avec les thrasheux d’Obsession ! Le quintet va nous envoyer une bonne branlée avec leur musique qui transpire d’énergie et très rock’n’roll dans l’esprit. Apparemment, les jurassiens ont intégré un nouveau chanteur, et quelle performance vocale de celui-ci ! Le bonhomme est aussi à l’aise dans les grommèlements façon death crasseux que les envolées Heavy à la Rob Halford. Alors quand on ajoute à sa prestation des musiciens talentueux, délivrant des mélodies pleines d’impact, de groove et de feeling, ça nous donne un show de haute volée. Le groupe nous gratifie même de deux reprises, Slayer d’abord, puis Motorhead. La messe est dite. Killer !

 

Setlist (officielle) :
Stoned World
Chaos division
Mandatory suicide (Slayer cover)
Social disorder
Aces of spades (Motorhead cover)

 

CELTIBEERIAN

C’est le moment d’accueillir les espagnols de Celtibeerian. Notez déjà le jeu de mots dans leur nom, avec « bière » incrusté, ça n’annonce rien de bon. Les premiers morceaux sont lancés et…olala qu’est-ce que ça m’insupporte. Du folk pouet-pouet par excellence : un rythme sautillant, des mélodies entrainantes, de la joie de vivre, des musiciens qui dansent sur scène. Je croirais entendre Korpiklaani, avec ce tempo de cheval au galop, d’autant plus que tous les morceaux me paraissent redondants. Apparemment le public n’est pas du tout du même avis, il est même très réceptif aux appels du groupe : chenille, applaudissements, pas festifs et tout le tralala. Pour leur deuxième prestation en France, les ibériques prennent leur pied tout comme l’assistance. De mon côté, chaque minute qui passe est un calvaire.

 

Setlist (non validée) :
Singing to Our Land
Keltorevolution
Unbury the Horn
Praise to the Vineyards
Fields of Celtiberia
Under Lug's Sight
Kladimoi
AnDro
Win Another Battle
The Path
The Booze Song

 

SKOX

On retrouve du metal plus couillu avec les lyonnais de Skox. Le groupe, avec seulement une démo et un EP en une dizaine d’années d’existence, va nous délivrer un Thrash assez puissant, avec un chanteur visiblement résolu à vouloir « foutre le bordel », à en juger par l’occurrence de cette expression de sa part. Un set sans réel temps mort, avec un guitariste avec des kilomètres au compteur et bourré de mimiques, plutôt marrant. Rien de bien révolutionnaire à l’horizon, mais Skox se laisse écouter sans problème.

 

Setlist (officielle)
Come with me
Thrashstastik
Engine of death
Road 666
Under God’s illusion
Years of Legions
Destruction

 

MERCYLESS

On poursuit encore avec du Thrash, lorgnant sur les terres du Death, représenté cette fois par les vieux briscards de Mercyless. Si jusqu’à présent j’ai plutôt apprécié les formations de ce style, je vais être beaucoup moins réceptif à la musique des alsaciens. La fatigue ? La chaleur ? Quoiqu’il en soit je vais rapidement me désintéresser de leur set, sentant poindre une certaine linéarité. Alors direction un coin d’ombre en attendant la fin. Pendant ce temps, la rumeur court que la grêle arrive droit sur nous, Lyon s’étant pris un bel orage il y a quelques minutes. Le fest’ n’est plus à ça près !

 

Setlist (officielle) :
Infamy
Substance of purity
A message fo all those who died
God is dreaming
Without christ
Abject offerings
Eucharistic adoration
probably impure
Buened at the stake
Evil dead (Death cover)

 

BEYOND THE STYX

On enchaine avec le huitième groupe de la journée : Beyond the Styx. Et…oh mon dieu, du hardcore.

Setlist (officielle) :
Code: Orphantage
LupUS
Kiss the Abyss
Echidna'H
SanctuarINK
Autop6gorgones

 

ARTILLERY

Avant que ne commence Artillery, je laisse trainer mon oreille sur une conversation des mecs de la sécurité : visiblement, l’orage tant redouté serait passé à 5 km de là, Thor a été sympa sur ce coup.
L’assaut suivant est donc donné par Artillery (facile). Un nom qui ne me dit rien, malgré trois décennies d’existence au compteur. Les danois délivrent un Thrash à influence Heavy, surtout grâce au frontman et son chant dans les aigus. Ce dernier est d’ailleurs survolté, occupant la scène en long, en large et en travers. Musicalement, ils n’ont rien inventé et au final une certaine monotonie s’installe. Au bout du troisième morceau, je ne suis plus dedans…

 

Setlist (officielle) :
This Chill My Bones
Legions, 10.000 Devils
The Challenge
By Inheritance, Khomaniac
Terror Squad
The Almighty
Into The Universe!

 

NO RETURN

Encore (encore…) du Thrash avec les célèbres français de No Return. Alors je ne vais pas tourner autour du pot : oui c’est technique, oui c’est carré, oui c’est professionnel. Mais qu’est-ce que je trouve ça chiant. Sans doute en arrive-je à un point de saturation de ce style aujourd’hui, moi qui n’aime le Thrash qu’à dose homéopathique, alors après quelques shoots, je m’éloigne faire une sieste.

 

Setlist :
Non communiquée

 

SKALMOLD

Skalmold est probablement un des groupes les plus en vue au sein de la scène metal islandaise, après l’indétrônable Solstafir. Pour autant, je n’ai jamais porté la moindre oreille sur les productions du groupe, rempli d’a priori négatifs à leur sujet (ne me demandez pas pourquoi). C’est donc avec une curiosité, doublée d’une crainte, que j’aborde leur set. Force est de constater qu’ils vont balayer d’un revers de main tous mes préjugés sur eux. Aidés de leurs fortes personnalités, les six individus produisent un folk/viking qui ne manque pas de caractère, mettant une bonne ambiance dans le public. Les morceaux sont entrainants et mélodiques comme il faut, sans tomber dans le facile ou le pompeux. Ayant fait le déplacement depuis Reykjavik spécialement pour l’occasion d’après leurs dires, les islandais expriment un plaisir communicatif de se produire ici ce soir, plaisir partagé par l’ensemble de l’assistance. Un set fort plaisant.

 

Setlist (officielle) :
Innrás
Gleipnir
Upprisa
Að hausti
Með fuglum
Loki
Vali
Narfi
Hefnd
Að vetri
Kvaðning

 

NEGURA BUNGET

Ah voilà enfin la bande à Negru ! Ce sont bien les seuls roumains que j’accueille les bras ouverts dans ma région (*rire*), tant leur musique remplie de mysticisme carpatien m’attire, et ce même pour leurs derniers albums, en dépit des remaniements drastiques que le groupe a connu (en gros, ils sont tous partis former Dordeduh, sauf le batteur, Negru). Cette âme demeure plus ou moins intacte après toutes ces années, justifiant leur place sur le podium de la soirée. Huit morceaux vont nous être interprétés, issus de leurs trois plus récents albums (Tău, Vîrstele pămîntului et Om, j’exclus Măiestrit qui est un réenregistrement). L’atmosphère est authentique et envoûtante durant tout le set, avec pour point d’orgue émotionnel le fameux « Dacia hiperboreană », d’une grande beauté. Alors si j’ai bien apprécié leur prestation, j’exprime toutefois une certaine déception : il manque le musicien qui s’occupe des instruments traditionnels, comme ce fut le cas l’année dernière au show de Saint-Etienne. Pas de tulnic, pas de kaval, ni de naï, pas plus de bugle. Certes il y a eu l’utilisation de la toacă et quelques autres percussions, mais tout de même, il reste un arrière-goût d’inachevé, pour une formation qui offre en général une bonne place à ce genre d’instruments.

 

Setlist (officielle) :
Ceasuri rele
Pamint
Cunoașterea tăcută
Nămetenie
Tara de dincolo de negura
Norilor
Schimniceste
Dacia hiperboreană


PRIMORDIAL

Bon, on ne va pas se mentir, tout le monde est là pour Primordial aujourd’hui. Leur présence pour cette première édition est assurément un grand coup et le groupe va littéralement mettre le feu au Ragnard. Ce ne sont pas simplement des titres que la bande à Alan va délivrer ce soir, mais de véritables hymnes. « Gods of the godless », « Sons of the Morrigan » ou encore « Empire Falls », autant de mélodies qui résonnent encore et encore dans les esprits ; les irlandais produisent un Black Metal celtique, non pas sur le plan musical, mais plutôt spirituel et textuel. Mister Averill a juste un charisme incroyable sur scène, à tel point qu’il est en magnétique et relègue au second plan les autres musiciens qui pourtant ne déméritent pas par leur qualité d’exécution. Le vocaliste travaille sa gestuelle pour capter l’attention du public, lequel est indiscutablement conquis. Il en est de même pour moi. Rien d’autre à ajouter, merci Primordial pour ce set mémorable.

 

Setlist (non validée, dans le désordre) :
Where Greater Men Have Fallen
Gods to the Godless
Sons of the Morrigan
Bloodied Yet Unbowed
The Coffin Ships
As Rome Burns
No Grave Deep Enough
Babel's Tower
Wield Lightning to Split the Sun
Empire Falls


Après toutes ces émotions, je m’en vais retrouver le confort d’un lit avant d’attaquer la dernière journée de dimanche, à suivre…

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