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REVUE D'ACTU #21 : Dark Buddha Rising, Undergang, Herzel, Wardruna, Dark Tranquillity...

dimanche 18 octobre 2020 - Team Horns Up
Team Horns Up

Compte groupé de la Team Horns Up, pour les écrits en commun.

Comme toutes les deux semaines, la rédaction vous propose ses choix : dans une actualité parfois chargée, parfois moins, difficile de faire le tri mais les bonnes nouvelles se sont multipliées ces derniers jours avec, notamment, quelques détails sur le très attendu Herzel, une nouvelle sortie de l'hyperactif Dehn Sora, un extrait signé Dark Tranquillity dont le nouvel album arrive bientôt ou encore un nouveau titre de Wardruna, toujours un événement en soi ... Bonne lecture et bonnes écoutes, et gardez la pêche malgré ces temps difficiles ! 

 

Dark Buddha Rising & Dehn Sora

Dolorès : On retrouve les figures du Doom psychédélique et noir à tendance drone de Dark Buddha Rising à travers un nouveau titre dévoilé, « Sunyaga ». Mais plus impactant encore est le clip qui l'accompagne. L'artiste aussi talentueux que torturé Dehn Sora signe une fresque de 13 minutes où son art vient donner vie et relief au morceau des Finlandais.

Si le titre est en progression tranquille, entre riffs lourds et lointains échos vocaux, le clip procède par étapes visuelles. Sur une introduction qui évoque une confrontation des univers de John Martin et de H. R. Giger tout en faisant écho à une scène traumatique de Fantasia, le chapitre est vite fermé pour ouvrir de nouvelles portes dans la pénombre. On touche aux symboles habituels de l'ésotérisme et du metal extrême, à la mythologie ainsi qu'à l'imaginaire personnel cauchemardesque. Dehn Sora joue avec l'organique et l'architecture (qui n'est pas sans rappeler les œuvres de Kris Kuksi), l'humain et l'inhumain, le réel et le rêve, ainsi que les échelles de grandeur dans un tempo de lente ascension qui fait écho au morceau de Dark Buddha Rising.

L'effort de Dehn Sora se détache quelque peu de ce à quoi Treha Sektori nous a habitué(e)s. Une belle collaboration, bien qu'un rendu presque trop lisse vienne écorner les éloges dont on pourrait les couvrir, pour l'ambition et la créativité engendrées dans le projet. L'album intitulé Mathreyata sortira le 13 novembre chez Svart Records.

 

 

Herzel 

Malice : Dans la catégorie des groupes attendus comme le Messie alors qu'ils n'ont pas encore le moindre album à leur actif, Herzel se pose là ! Dès Unis Dans la Gloire, les Bretons ont acquis un statut culte au sein de la scène heavy française, à coups de prestations lives très recommandables - Horns Up a d'ailleurs eu le plaisir et l'honneur de les accueillir lors du concert anniversaire de 2019 à La Scène Michelet de Nantes. 

Problème : depuis cette démo, qui date quand même déjà de 2015, rien de neuf sous le soleil. Et malgré tout l'amour qu'on porte à "Nominoëet "Unis Dans la Gloire", seuls titres publiés officiellement (en live, on a naturellement déjà pu découvrir d'autres morceaux), ça commençait à faire peu. Mais Herzel nous a enfin gratifiés d'une pochette et d'une date de sortie pour son album : Le Dernier Rempart sortira en février 2021, et un titre sera bientôt révélé via la chaîne web-TV du festival Keep It True !

Blood From The Soul

S.A.D.E : Projet indus lancé au début des années 90 par Shane Embury (Napalm Death),Blood From The Soul n'a sorti à ce jour qu'un seul album To Spite the Gland That Breeds. Mais, en cet an de grâce 2020 (soupir...), voilà que le projet est en quelque sorte ressucité, avec un tout nouveau line-up et pas des plus anecdotique :  Dirk Verbeuren (Megadeth, Soilwork) remplace la boîte à rythme, Jesper Liveröd (Nasum) s'empare de la basse et Jacob Bannon (Converge) prend le micro (à la place de Lou Koller (Sick Of It All) qui avait le poste sur l'album de 1993). Un album est prévu pour le 13 novembre chez Deathwish Inc., et logiquement celui-ci commence à se dévoiler. Le premier single, "Debris of Dreams", n'a pas grand chose d'indus : on retrouve plutôt un esprit hardcore plutôt chaotique, avec un son assez rèche et tranchant et un riffing un peu tordu. Mais on n'est pas non plus dans le champ d'un Dillinger Escape Plan, on trouve quand même du riff stable et puissant dans ce premier single. Le chant de Bannon reste peut-être ce qui impressionne le plus : entre voix presque claire sur le refrain, cris déchirants et growl plus profond, le bonhomme démontre une fois de plus sa versatilité. 

Undergang

S.A.D.E : En terme de death metal caverneux et enrichi en saindoux, Undergang s'est taillé une belle place au cours des dix dernières années. Les quatre albums du combo danois trouvent leur groove dans l'épaisseur sonore outrancière et débile, accompagnant le tout d'un belle imagerie gore et fécale. Et le petit dernier, Aldrig i livet, prévu pour le 4 décembre chez Dark Descent Records, s'annonce dans la même veine, en témoigne ce premier extrait. Chant qui vient de l'estomac, purée sonore en guise de guitare, on retrouve l'essence d'Undergang. Sauf pour le côté groovy. Il y a bien une immanquable envie de tortiller qui vous prend, mais loin de l'irrépressible besoin de retourner à l'état de primate qui singularisait les sorties précédentes. A voir ce que le reste de l'album nous propose.

1914 

Malice : Le 11 novembre 2018, 1914 saisissait une opportunité en or de faire le buzz en sortant son second album The Blind Leading The Blind et prenait une belle ampleur, tournant en Europe de l'Ouest pour la première fois avec son black-death Bolt Throwerisant qui prendra tout le monde à la gorge. Une signature chez Napalm Records et des centaines de concerts plus tard, revoilà les soldats ukrainiens : un album est prévu "pour mai ou septembre 2021" - une sacrée fourchette, vous en conviendrez, mais c'est en tout cas pour l'année prochaine. Titre temporaire de cet album : Where Fear & Weapons Meet, avec 8 morceaux originaux et 2 reprises de chants de soldats britanniques. Le thème est naturellement toujours le même et, malheureusement, il n'est pas près d'être épuisé tant la Grande Guerre recèle d'atrocités inspirantes. Espérons que 1914 continue à les conter avec le même talent ... 

Nanowar of Steel

Storyteller : Un peu de légèreté dans une période que l’on pourrait qualifier de … sombre, et ceci grâce à Nanowar of Steel. Pas besoin de beaucoup de connaissances en Metal pour comprendre qu’il s’agit d’un groupe parodique, qui ne se prend donc pas vraiment au sérieux, et qui a choisi comme victime de ses moqueries Manowar, autre groupe parodique mais dans un autre style et qui, eux, se prennent un peu trop au sérieux.

Ils sont Italiens et officient depuis presque vingt ans. Pour leur dernier méfait, ils ont trouvé le pire jeu de mot de la langue anglaise ("Uranus", ou "your anus" pour ceux qui ne maîtrisent pas la langue de Shakespeare) et en ont fait une chanson, prémice de leur album Deep Throat Revolution.  Et du coup, ils ont même invité Michael Starr, qui n’est pas un acteur porno au vu du nom, mais le chanteur de Steel Panther. Musicalement parlant, on est proche d’un bon hard rock, type Extreme avec des morceaux piqués à Staying Alive, très groovy et surtout sans aucune prétention. Il ne manquerait plus que ça.

Pour finir, il faut quand même préciser qu’ils sont arrivés - pasron ne sait quel hasard - au sommet des charts en Mongolie. Et ils sont signés chez Napalm Records, c’est dire le potentiel du groupe. Le potentiel est tout aussi scientifique, puisque vous suivrez un cours d’astronomie de mauvais goût avec des chorégraphies qui feraient pâlir les meilleures comédies musicales de Broadway tellement elles sont infusées de talent. Un moment de référence qui au minimum vous fera rire, et qui sait, pourra inspirer quelques vocations !

 

Dark Tranquillity

ZSK : Dans un mois et deux jours sortira le nouvel opus de Dark Tranquillity, toujours très attendu de par son aspect de dernier maître absolu du Mélodeath. Et Moment est attendu au tournant car ce sera le premier album avec sa nouvelle paire de guitaristes, Johan Reinholdz (Andromeda, Skyfire, Nonexist) et surtout Christopher Amott, le « frère de » qui restait de son côté sur l’excellent Captivity & Devourment (2015) de Armageddon. Le premier single "Phantom Days" nous avait déjà rassurés sur la forme du groupe désormais privé du membre fondateur Niklas Sundin (il ne reste désormais que Mikael Stanne et le batteur Anders Jivarp), notamment grâce à Christopher Amott justement qui nous livrait déjà des leads de toute beauté. Et "Identical to None" enfonce le clou. Certes, il n’y a aucune surprise là-dedans et Dark Tranquillity se place logiquement dans la lignée de Construct et Atoma, en un poil plus « old-school » peut-être (il n’y a pas eu de chant clair pour l’instant), mais surtout très mélodique. Les deux nouveaux gratteux font le boulot, que ça soit au niveau rythmique ou mélodique, et inspiration comme efficacité et raffinement sont au rendez-vous. On attendra l’album complet pour savoir si cela tient sur 10 morceaux et sur la durée, mais Dark Tranquillity est toujours là et la probabilité qu’il déçoive semble faible. Le dernier groupe « culte » du Mélodeath restera-t-il le patron ? Va-t-il enchaîner un troisième album formidable et irréprochable ? Toutes les chances sont de son côté…

 

Disparaged

ZSK : Existant depuis 1999, le groupe suisse Disparaged est un bien bon pourvoyeur de Death Metal moderne. Depuis Blood Source (2006), il nous propose des sorties bien couillues avec un gros son, atteignant déjà son firmament avec son troisième album The Wrath Of God (2009). Toutefois, le quatuor est plutôt discret et un seul album est sorti depuis, And Babylon Fell en 2013. Sept ans après, Disparaged va donc faire son retour. Avec un For Those Enslaved présenté comme un nouvel album, mais qui semble plus être un EP de luxe vu qu’il comportera 4 inédits, un réenregistrement, deux reprises et un bonus « acoustique/live ». Mais le premier inédit dévoilé, "Tormented Suicide", nous montre qu’on aura quand même du bon à se mettre sous la dent. Le son est toujours aussi puissant, les vocaux rauques bien efficaces ; et les compos inspirées, entre lourdeur, mélodie et moments plus thrashisants. Disparaged n’a rien perdu de sa superbe et demeure un nom à suivre pour les amateurs de Death moderne à gros son façon Jacob Hansen. Sortie du reste le 13 novembre !

 

Wardruna

Circé : Wardruna est un peu attendu au tournant après avoir terminé sa trilogie runique qui l'a vu propulsé en groupe de tête d'affiche. Skald était un peu une parenthèse, mais Kvitravn, dont la sortie est prévue en janvier, permettra vraiment de voir ce que le groupe a encore à proposer. Avec ce deuxième extrait, morceau éponyme, la réponse semble être... une musique toujours aussi envoûtante, mais aussi prévisible. Le morceau s'ouvre sur le chant d'Einar Selvik seul, accompagné d'une boucle mélodique, entêtante et hypnoptique, qui soutient l'ensemble du morceau. S'y ajoutent des rythmiques plutôt lentes, un chant en crescendo vite soutenu par des choeurs et la voix perçante de Lindy Fay Hella. On n'est peut-être pas sur quelque chose d'aussi ambiant que le premier album, mais on y retrouve ce côté lancinant, loin de l'aspect presque guerrier (ou tout du moins plus direct) que l'on a pu trouver par la suite. Et bien que n'étant plus tenu par le concept de Runaljod où chaque morceau devait représenter une rune, la symbolique reste toujours omniprésente, que ce soit dans le titre, les paroles ou encore le clip. Wardruna ne propose donc pas grand chose de nouveau mais continue tout de même dans la qualité, avec un morceau immersif et chargé d'émotions.