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Album

09/12/14 - U-Zine

Sadist

Season In Silence

LabelScarlet Records
styleProgressive death metal
formatAlbum
paysItalie
sortiemars 2010
La note de
U-Zine
7/10


U-Zine

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20 ans déjà que Sadist existe. L'existence du groupe s’était interrompue au début des années 2000, pour un retour en 2007 avec un album intitulé Sadist. Il aura fallu une hibernation de trois ans pour avoir du neuf chez les italiens. Cette hibernation a accouché de Season In Silence, à la pochette très hivernale. Ce dessin est assez original et retranscrit bien les paroles de l’album, signée par le chanteur Trevor : un conte frigorifique étrange et déroutant. On remarque que le vieux logo est présent, comme sur le dernier album et sur les 2 premiers. On ne doit donc pas s’attendre à un écart mathcore comme sur l’album Lego (2000). Sadist a su tirer les leçons de ses erreurs. Voyons si effectivement la musique du cru 2010 de Sadist est de cette veine ou pas ?

Tout d’abord, la production limpide, 100% Sadist, est l’œuvre de Tomy Talamanca le guitariste – claviériste, comme sur le précédent album. Le groupe italien souhaite contrôler la totalité de ses albums, et ce, pour une raison : la musique de Sadist est unique, atypique et il faut qu’elle le reste. On la reconnaît immédiatement, notamment à cause du clavier qui y est prédominant. Alors oui, ce groupe est à déconseiller à celles et ceux qui n’aiment pas les claviers et les samples dans le death metal.
Par rapport à son précédent album, Sadist a accentué l’importance des sonorités heavy / progressives (surtout sur « Ogron »), mais tâtonne tout de même bien son habituel death, son jazz et son thrash. Sadist a incorporé aussi des plans syncopés sur certains de ses titres, comme par exemple « Broken And Reborn », « Evil Birds », « Snowman » ou « Season In Silence ». Au passage, « Season In Silence » semble être l’équivalent du très bon morceau « Tearing Away », provenant de leur précédent album Sadist. « Season In Silence » est accrocheur, mélodique et technique : c’est une réussite. Andy Marchini y excelle notamment au moment de son solo en basse fretless. Aussi, on sera agréablement étonné de la ressemblance du refrain de « Frozen Hands » avec les compositions de Death. Même la voix de Trevor se transforme en voix de Chuck Schuldiner. Ensuite, Sadist a placé stratégiquement trois magnifiques morceaux instrumentaux dans son nouvel album : « Aput » pour le démarrer, « Ogron » pour faire une pause au milieu et « Hiberna » pour le clôturer. Ces titres sont excellents et montrent l’imagination débordante du guitariste – claviériste Tomy.
Puis, on trouve dans Sadist des subtilités jazzy, atmosphériques qu’on ne retrouve pas dans les groupes de death technique pur tels Necrophagist, Obscura ou Gorod. C’est ce qui fait que ce groupe est si singulièrement apprécié : certains pensent que Sadist manque de brutalité, et ils ont raison. Sauf que d’autres amateurs de death technique réclament cela : les fans d’un Cynic, d’un Atheist ou d’un Pestilence.
Enfin, les soli de guitare de Talamanca et de basse de Marchini sont tous excellents, le travail d’Alessio Spallarossa à la batterie est impressionnant et Trevor a progressé au chant et l’a varié : tantôt à voix de panthère, tantôt murmurant comme Kelly Shaefer (Atheist) savait le faire dans l’album Elements, tantôt faisant un growl profond, l’italien contribue en bien à l’album.

Néanmoins, Sadist a dans cet album plusieurs fâcheuses tendances : tout d’abord, on est agacé par le fait que les italiens commencent plusieurs morceaux de la même manière, avec une introduction en clavier / sample puis l’arrivée des autres instruments. On peut ainsi citer les débuts des titres « Ogron », « Evil Birds », « The Attic And The World Of Emotions », « Snowman », « Bloody Cold Winter », « The Abyss », « Frozen Hands » pour illustrer cet agacement. Il s’installe alors en nous un sentiment de répétitivité néfaste à notre écoute. Ensuite, certains titres paraissent peu cohérents : le groupe passe d’un plan à l’autre sans respecter de logique. C’est l’impression qui se dégage par exemple d’un morceau comme « Night Owl », même s’il renferme des parties jazzy géniales. Enfin, Sadist a le défaut de ne pas nous faire décoller à l’écoute de Season In Silence avec pas ou peu d’accélérations. Un morceau comme « Snowman » en est la preuve, alors que le titre suivant « Bloody Cold Winter » y arrive : les efforts de composition sont à souligner, mais il manque au premier de ces deux morceaux un break ou un rush final pour nous maintenir en haleine.

Pour conclure, Sadist a livré 3 ans après l’album de son retour un bon album. On y retrouve les spécificités appréciées du groupe, mais celui-ci manque de cohésion par moments. On est surpris d’apprécier l’écoute de chaque morceau, mais leur enchaînement semble difficile. Cet opus restera inférieur aux tant appréciés albums Above The Light, Crust et Tribe. Il renferme cependant de belles pépites et a le mérite de continuer de faire de Sadist un groupe à part sur la scène death metal.

1. Aput
2. Broken and Reborn
3. Season in Silence
4. The Attic and the World of Emotions
5. Evil Birds
6. Ogron
7. Night Owl
8. Snowman
9. Bloody Cold Winter
10. The Abyss
11. Frozen Hands
12. Hiberna