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REVUE D'ACTU #1 (2/2) : Die Kunst der Finsternis, Merda Mundi, Deivos, Ossuaire, etc

lundi 30 septembre 2019 - Team Horns Up
Team Horns Up

Compte groupé de la Team Horns Up, pour les écrits en commun.

Nostalmaniac (rédac' chef) : Place à la deuxième partie de notre première revue d'actu de la semaine. On se penche sur les nouveaux titres de Die Kunst der Finsternis, Merda Mundi, Deivos, Ossuaire mais aussi l'annonce d'un nouveau groupe au lineup fort alléchant et deux avis tranchés sur le dernier morceau d'Alcest. Rendez-vous dimanche prochain !

La première partie est disponible ici.

 

DIE KUNST DER FINSTERNIS

Nostalmaniac : Un peu plus d'un an après un Queen of Owls aussi déroutant que captivant, le one man band chilien basé en Suède, side project de Frater D. (Hetroertzen), revient avec l'annonce de son successeur direct : Revenant in a Phantom World (Queen of Owls Addendum).

Refusant l'étiquette de Black Metal, Die Kunst der Finsternis préfère celle, à l'instar de Denial of God, d'Horror Metal ce qui n'est pas un leurre car la musique de Die Kunst der Finsternis a vraiment quelque chose de glauque et d'horrifique. Que ce soit les interludes, les voix ou l'ambiance mais aussi des compos tordues. Le premier extrait dévoilé ne déroge pas à la règle et nous plonge au coeur de cet univers gothique aux sonorités parfois surprenantes. La bande son d'un cauchemar en noir et blanc...
 

« Revenant in a Phantom World (Queen of Owls Addendum) » sortira le 31 octobre prochain chez Lamech Records et Amor Fati Productions.

 

MERDA MUNDI

ZSK : Un des nombreux projets de Déhà (AcathexisImber LuminisMaladieYhdarl, etc.) vient de refaire surface, 5 ans après son second full-length VI - Khaos qui suivait V - Agnus Satani (2012) et une poignée de démos. Et nous allons de nouveau avoir affaire au projet le plus agressif et le plus inhumain du prolifique belge. Notamment inspiré par Antaeus et Anaal NathrakhMerda Mundi envoie un Black Metal sans compromis, qui fut particulièrement Raw à ses débuts avant de se lisser un tantinet sur VI - Khaos, sans perdre son terrible potentiel offensif. Ce premier extrait du nouveau méfait de Déhà nommé tout simplement et justement Hatred, une version éditée du morceau de clôture "Fucking Hate Them" qui durera plus de 12 minutes, reprend les bases de VI - Khaos, mais rend le propos encore plus brut et déchirant, pour un Black Metal très bouillonnant qui s’offre déjà quelques moments bien violents. Un ensemble peut-être un peu plus « classique » pour du Black-Metal cru et désenchanté, mais qui promet encore un album efficace sous le signe de la désolation et de la pure violence. En attendant, n’hésitez pas à vous (re) pencher sur VI - Khaos qui est disponible en téléchargement à prix libre.
 

« Hatred » sortira le 18 octobre prochain chez Malpermesita Records.

 

DEIVOS

ZSK : Existant depuis 1997, Deivos est une formation polonaise qui n’a peut-être pas eu la reconnaissance qu’elle mérite, alors que depuis ses débuts elle peut largement rivaliser avec des pointures comme VaderDecapitated ou Trauma. Sorte de Cryptopsy polonais dans l’absolu, à savoir un Death Metal très technique et brutal emballé dans une sonorisation typiquement polonaise, Deivos avait méchamment cartonné avec ses 3 premiers albums (dont deux sortis chez Unique Leader) avant de s’assagir et de tempérer un peu son propos avec Theodicy (2015). Il restait néanmoins sur un Endemic Divine (2017) plus équilibré où il retrouvait sa pure efficacité tout en modérant son propos par rapport à des albums furibonds comme Emanation From Below et Demiurge Of The Void. Ce premier extrait de Casus Belli, leur 6ème opus à venir, montre que le groupe semble déterminé à capitaliser sur l’excellent Endemic Divine. Blasts rangés, grosses voix, rythmiques qui décoiffent, leads de folie, ambiance dark, son polonais très tranchant, tout y est et c’est d’ores et déjà très jouissif. Un groupe qui, finalement, n’aura déjà presque plus rien à prouver mais qui mériterait de définitivement exploser, face à un Vader qui fatigue ou un Decapitated qui a pris un virage discutable. De la bonne polonaise pour votre petit-déjeuner !
 

« Casus Belli » sortira en novembre prochain chez Selfmadegod Records.

 

OSSUAIRE 

Florent : La scène Black québécoise est chère à mon coeur depuis quelques années et je m'en repasse très souvent les pierres angulaires avec un plaisir toujours renouvelé. Pourtant, j'ai comme cette sensation que peu d'albums mémorables viennent de nos chers cousins d'Outre-Atlantique ces derniers temps, même le retour de Monarque m'ayant laissé étonnamment froid. Ossuaire va-t-il changer la donne ? Après un Premiers Chants qui avait éveillé ma curiosité, l'extrait de Derniers Chants, la seconde partie à paraître le 15 octobre, semble confirmer qu'on tient là un groupe à suivre sur une scène parfois trop consanguine. Les lignes de guitare entêtantes, le chant intelligible si typique du "Metal Noir" - rien d'original, rien d'extraordinaire, mais des qualités indéniables qui peuvent donner un solide album si le tout est de ce niveau. Et ce sera chez Sepulchral Productions, bien sûr !

 

« Derniers Chants » sortira le 15 octobre prochain chez Sepulchral Productions.

 

BEAST OF REVELATION

Nostalmaniac : John McEntee (Incantation), Eric Daniels (ex-Asphyx), AJ van Drenth (Temple, ex-Beyond Belief) et Bob Bagchus (ex-Asphyx), voilà un lineup qui attire l'attention et c'est pour une nouvelle formation baptisée Beast of Revelation qui vient de conclure un deal avec le label allemand Iron Bonehead Productions pour la sortie d'un premier album en janvier 2020 : The Ancient Ritual of Death. Pas encore d'extrait en ligne mais on peut s'attendre à un Doom/Death résolument old school. Je garde ça à l'oeil...

 

 

LA BAGARRE DE LA SEMAINE : ALCEST

Dolorès : Pas si nouveau que ça, ce « Sapphire » d'Alcest, puisque ceux qui ont assisté à la soirée Major Arcana chapeautée par Fortifem avaient eu l'occasion d'entendre le groupe jouer ce titre en compagnie de Perturbator. Côté musique, on a un très bon titre d'Alcest, dans la lignée de Kodama et du précédent titre dévoilé « Protection ». J'apprécie particulièrement le fait que le chant de Neige semble moins entouré d'effets, comme dans une tentative de lien plus direct avec l'auditeur et sans artifice aucun. La construction est habituelle, avec une première partie en chant clair qui laisse l'explosion s'amener d'elle-même avec le chant hurlé qui suit, dans une composition assez dynamique et chaleureuse.

En ce qui concerne le clip, il s'agit du premier où le groupe fait face à l'objectif. Comme une mise à nu, secouée de flashs visuels très esthétiques dont beaucoup de visions macro qui rappellent l'esthétique aquatique et mouvante du clip de « Protection ». Les deux, réalisés par Craig Murray, ont l'avantage de dévoiler petit à petit une vision assez homogène et cohérente du nouvel album !

Florent : Malheureusement, je vais en effet m'inscrire en faux contre l'opinion de l'amie Dolorès. Non pas que Sapphire me paraisse être un mauvais morceau dans l'absolu (Neige est-il même "capable" de mauvais titres ?), mais plutôt parce qu'après un Kodama qui ne me restera pas comme leur meilleur album, mais amenait des pistes différentes et une âme bien à lui, j'ai l'impression de ne pas me retrouver dans les extraits de Spiritual Instinct jusqu'ici. Après un Protection assez direct, qui m'a convaincu au fil des écoutes, j'espérais retrouver le Alcest éthéré, distant, mystérieux qui m'avait emmené si loin notamment sur Ecailles de Lune (toujours mon opus préféré). Or j'ai l'impression d'entendre une "chute" studio de Kodama, jusque dans le son de la batterie et cette intro qui m'a rappelé pêle-mêle Éclosion et Oiseaux de Proie, sans en atteindre les sommets par après. Le chant de Neige, cependant, marche toujours autant et amène ce feeling inexplicable propre au groupe. Mais voilà deux extraits consécutifs où mon impression peut être résumée par : "ouais, c'est pas mal". Et un album d'Alcest n'a jamais eu pour verdict "ouais, c'est pas mal". 

 

« Spiritual Instinct » sortira le 25 octobre prochain chez Nuclear Blast.