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samedi 8 septembre 2018 - Sleap

KillTown DeathFest 2018 - Jours 3 & 4

Pumpehuset - Copenhague

Sleap

Benjamin. Live reporter et chroniqueur occasionnel dans divers genres (principalement extrême).

Jour 3

Après deux jours d’une rare intensité, il faut remettre ça dès 15h en ce début de week-end. Ce troisième jour est pour moi la journée « déjà vu », avec une majorité de groupes que l’on connait déjà en live. Cependant, j’étais loin de me douter que certaines de ces prestations seraient finalement parmi mes meilleurs concerts du week-end…

Deiquisitor

Je ne connais que le premier full-length de Deiquisitor, qui m’avait bien plu il y a quelques années, mais j’étais tout de même curieux de voir le rendu live. Le trio danois inaugure la petite scène extérieure pour ce troisième jour, et quelques irréductibles ont fait l’effort surhumain de venir les voir en ce début de journée. Malheureusement, la prestation ne restera pas dans les annales.

Les trois musiciens avec leurs survêts Adidas et leurs chaussures de sécurité arrivent sur le titre d’ouverture de leur second album et je constate d’emblée les dégâts. Le Death Metal dense et bestial du premier album a totalement disparu. On ne retrouve aucunement le son et l’ambiance qui séduisaient au premier abord. Ici, on a juste affaire à un trio Death Metal de MJC lambda. Les gars sont en plus assez mal à l’aise sur scène, en particulier le bassiste-chanteur. Le son est faiblard, et celui de la caisse claire est même carrément immonde. Outre les passages à trois voix, il n’y a absolument rien de marquant dans cette prestation. Ah si, peut-être une chose : Antti de Demilich qui balance gratuitement des t-shirts de son groupe dans le public depuis le haut de la scène…

Antiversum

Après une petite pause, entrons maintenant dans l’intérieur du bâtiment pour le premier show sur la seconde scène. Tout comme pour Triumvir Foul la veille, je suis curieux d’entendre le rendu live d’un groupe comme Antiversum. Et tout comme pour Triumvir Foul la veille, je constate rapidement que les morceaux de la dernière sortie sont de loin les plus poignants en concert.

Dès les premières secondes de Creatio e Chao Orta Est, le constat est sans appel : il s’agit pour moi du meilleur son de tout le week-end dans cette seconde salle. Et pour un groupe d’ascendance Portalienne tel que celui-ci, c’est une performance ! Le son est vraiment bluffant de justesse et de densité. Le groupe joue à contrejour dans un halo bleuté ponctué de lights stroboscopiques lors des passages blastés. Simple et efficace pour une musique comme celle-ci. Bien que je préfère toujours Total Vacuum en studio, les titres du full-length sont bien plus prenants. Tout comme Irkallian Oracle, Adversarial ou même le premier Altarage, Antiversum incorpore quelques sonorités Black Metal à son riffing Portalesque global. Bien moins brutale et straightforward que celle des formations susnommées, la musique des Suisses joue sur le caractère lancinant et hypnotique de son riffing, bien loin des enchevêtrements incessants que pratiquent ces autres formations du genre. Les rares leads de quelques notes et les nombreux arpèges sonnent parfaitement bien en live. Le seul point faible de ce concert est le jeu de double pédale du batteur, pas du tout carré. Mais mis à part ça, c’est un sans-faute. On a même droit à l’éponyme de Total Vacuum avant le final du concert qui se termine en gros Harsh Noise avec les divers câbles et pédales des musiciens.

Pour certains, ce n’est pas le concert de début de journée idéal, mais lorsqu’on est dedans, il est difficile de redescendre. Mais fini de niaiser ! Après cette séance de méditation, allons donc perdre quelques neurones dans la grande salle…

Undergang

Après tous ces mauvais souvenirs de concerts des Danois, vais-je enfin voir Undergang avec un vrai son ? Je l’espère fortement, mais la sono de cette Main Stage s’est avérée plutôt aléatoire depuis le début du festival, je suis donc assez dubitatif. Mais dès les premières secondes d’Efter machin… (‘fin la première du dernier album quoi) c’est la mandale ! Le son est absolument monumental, et tout le public est à fond. David Mikkelsen, pour son troisième show du week-end, joue cette fois sur la Main Stage avec son groupe principal. Et au vu de l’affluence dans cette grande salle, on voit que le groupe joue à domicile. La salle est blindée de monde en ce début de journée, et absolument tous les Danois connaissent les morceaux par cœur. Un pit se déclenche instantanément sur le premier d-beat, et ne se calmera pas avant la dernière note du concert. Plusieurs types font même des crowd surfs pendant certains morceaux. Quelle ambiance de malade ! Le tout se déroule sous des lights rouges du début à la fin, sans trop de fioritures, parfait !

Outre l’infatigable frontman, les autres musiciens sont ultra flippants à voir. Leur jeu de scène est très bien rodé : mimiques monstrueuses, déplacements de zombies, grimaces à te faire te déféquer dessus, et j’en passe… Le bassiste à droite est, à ce niveau-là, particulièrement charismatique. Et que dire des passages à trois vocalistes : tout simplement apocalyptiques ! Les vocaux putrides de Mikkelsen prennent encore plus d’ampleur lorsque le bassiste et le second guitariste le rejoignent aux voix. Car oui, en plus du son de porc que nous avons dans cette salle, Undergang est maintenant un quatuor. Et la deuxième gratte rend le tout encore plus surpuissant !

La setlist fait la part belle au dernier album – pour moi leur meilleure offrande à ce jour –, mais comporte néanmoins des titres de toute la discographie des Danois. La première de l’EP est sans nul doute l’un des meilleurs moments du concert. Tout le monde lève le poing sur l’intro et se lance dans la mêlée lors de l’arrivée du passage Goregrind. Quelle branlée, mais quelle branlée ! Mais l’ambiance du concert atteint définitivement son paroxysme sur Intendet machintruc… (l’éponyme du premier album) : Mikkelsen lâche une série de hurlements effroyables qui chauffent le public avant le break final totalement apocalyptique. Ce passage de fin donne lieu au plus gros déferlement de violence de tout le week-end dans la fosse. Je viens enfin de voir Undergang dans de bonnes conditions, et je ne crois pas que le groupe connaîtra meilleures conditions possibles de toute sa carrière live. De très loin l’une des plus grosses claques du festival. Je n’en reviens toujours pas…

Mefitic

Après la branlée intersidérale d’Undergang, je suis totalement claqué. J’assiste donc d’un seul œil à la prestation de Mefitic, sans y faire vraiment attention. Les Italiens sont certainement le combo le plus blackisant de cette affiche 2018, et la seconde salle est assez remplie pour leur venue. Pour ma part, impossible de rentrer dedans, exténué que je suis par le show des Danois qui ont précédé. Assis sur les escaliers, je remarque donc l’ambidextrie du batteur qui ne manque pas de m’impressionner, ainsi que le couvre-chef chelou du chanteur. Au-delà de ça, je ne retiens rien de particulier de la prestation au demeurant très bonne des Italiens…

Necros Christos

Tous les groupes de ce samedi sur la Main Stage seront pour moi des groupes « déjà vus ». Et, à l’exception de Necros Christos, ce sont ceux qui me mettront parmi les plus grosses claques du week-end. Non pas que le set des Allemands soit mauvais, mais ce n’est clairement pas le meilleur du groupe que j’aurai pu voir.

Le son est pourtant très bon, les gars jouent à contrejour sous des lights rouges assez classes. Mors Dalos Ra paraît encore plus gigantesque que d’habitude, et ses vocaux sonnent toujours aussi caverneux. Seulement voilà, le groupe arrive sur des titres du dernier full-length et… c’est interminable… Beaucoup trop de longueurs sur ce nouvel album, même en live. Les rares bons riffs qui se démarquent de ces titres sont des riffs que l’on retrouve sur les albums précédents… Certains sont heureusement taillés pour le live, alors on headbangue sur les gros passages groovy, mais ça s’arrête là.

De plus, aucun interlude pour le set d’aujourd’hui. Le groupe semble avoir choisi une configuration 100% Death Metal pour cette venue au KillTown. Exit les Temple… et autres Gate…, exit la djellaba chelou du frontman, bonjour la battle jacket bien « métale ». Le chanteur nous gratifie en plus de nombreux « ugh » assez inhabituels, mais résolument efficaces. J’ai vraiment l’impression de voir un autre groupe sur scène. À mon sens, ce n’est pas un véritable show de Necros Christos. Je suis, en revanche, extrêmement content du retour de …Necromantical Sabbath dans la setlist. De très loin mon meilleur moment du concert. Mais à part ça, ce n’est vraiment pas la prestation que je retiendrai des Allemands. Dommage…

Demilich

Là encore, je vais tenter de faire court pour ce qui doit être la septième fois que je vous parle de Demilich en live… En revanche, laissez-moi vous expliquer en quoi ce concert sera sûrement la meilleure fois où je vois le groupe (aux côtés de la date au Finnish Maniacs 2015).

Premièrement : le son. Décidément, ce troisième jour sur cette Main Stage sera de loin le plus irréprochable en termes de sono. Tout est perceptible et les vocaux d’Antti sont au top.
Deuxièmement : le public. Il n’y a que des fans dans la fosse de cette grande salle. Et autant vous dire qu’elle est blindée pour la venue des Finlandais.
Troisièmement : la setlist. En plus de mes deux titres préférés habituels – dont l’ultime Inherited Bowel Levitation en ouverture –, nous avons droit à quelques raretés assez inattendues. La première, The Faces right below the Skin of the Earth (dernier morceau de Demilich jamais écrit) n’avait pas été joué en live depuis quasiment douze ans. Il s’agit pourtant d’un des morceaux les plus techniques du set. Hyper impressionnant. Du moins presque autant que l’autre exclusivité du jour : l’énorme Two Independant Organisms, pas joué depuis plus de 25 ans ! C’est, à n’en point douter, l’une des meilleures setlists de Demilich depuis mes premiers concerts du groupe.

Je déplore tout de même deux choses : la première est la longueur des speechs d’Antti. Je commence à m’y faire, il est marrant, il a une bonhommie, tout ce que vous voulez… Mais il parle vraiment beaucoup trop entre les morceaux, c’est dommage. On aurait peut-être pu avoir The Cry en fin de set sans autant de blabla.
La seconde est le jeu de lumière. Certes, c’est la première fois que l’on voit les gars à contrejour sous des lights bleutées. C’est classe, les ombres leur donnent un côté Alien, etc. Mais on ne voit pas les doigts des musiciens, et pour un groupe comme Demilich, c’est vraiment un point faible tant leur technicité est impressionnante à contempler… Mais bon, ce n’est que du chipotage. Je viens d’assister à l’un de mes meilleurs concerts des Finlandais, et certainement l’un des meilleurs concerts du week-end.

Incantation

Après une petite pause, retour dans cette grande salle pour le dernier groupe « déjà vu » qui va clore à merveille cette troisième journée déjà excellente. Et ce show spécial des New-yorkais va constituer une sorte de séance de rattrapage pour les absents du Brutal Assault 2017. En effet, les Américains vont nous interpréter le fameux « Doom set » qu’ils avaient joué lors du dernier soir du festival tchèque l’an dernier.

Et cela commence sur l’immense titre de clôture de Mortal Throne of Nazarene et ses huit minutes de lourdeur. Le son est encore plus cristallin que lors de leur concert susnommé, et le public est totalement acquis à la cause du groupe. John McEntee, que l’on peut désormais appeler Gandalf le Gris, est toujours aussi communicatif sur scène, tant entre les morceaux que pendant. Bien que le groupe n’interprète pas mes pavés préférés de Vanquish in Vangeance, nous avons droit à quelques autres excellents parpaings Doom Death de cette période récente. Une petite leçon pour les puristes des derniers rangs qui pensent qu’il n’y a que les trois premiers Incantation de valables.

Les moments les plus violents du concert seront finalement les titres les plus classiques de la setlist, à savoir les inévitables Christening the Afterbirth et Ibex Moon en fin de set. Outre la gratte sept cordes du nouveau guitariste, c’est vraiment le bassiste qui m’impressionne le plus ce soir. Le bougre possède un jeu au walk ultra technique pour la musique jouée. J’ai presque l’impression de voir certains plans à la Alex Webster par moments. Assez étonnant ! Et histoire de redonner un dernier coup de fouet à l’assemblée après ce set tout en lourdeur, la bande à McEntee nous achève sur un ultime Immortal Cessation qui fait un retour fracassant dans la setlist du groupe. Terrible ! Tout comme pour le groupe précédent, je viens d’assister à l’un des concerts du week-end, et à mon meilleur show d’Incantation. Ni plus ni moins !

Jour 4

Spectral Voice

Quatrième journée de Death Metal. La fatigue commence à se faire sentir. Et ce n’est pas le plateau 100% Death Doom de ce dernier jour de fest’ qui va arranger les choses. La plupart des groupes les plus lents et lourds (dans le bon sens) de cette affiche sont effectivement réservés pour la journée de dimanche, rebaptisée le « Gloomy Sunday ». Et, pour moi, cela commence avec Spectral Voice dans la grande salle. Après avoir raté plusieurs de leurs dates l’an dernier, je vais enfin pouvoir me faire un avis sur leurs prestations live. Leur démo 2015 et surtout leur full-length 2017 avaient vraiment donné un coup de fouet à la scène Death Doom, et l’affluence en ce début de journée ne fait que le confirmer. C’est certainement l’un des « petits groupes » du week-end qui aura ramené le plus de monde dans cette grande salle.

Et le set commence dans l’obscurité quasi-totale sur le second titre de l’album. Immense pièce de près d’un quart d’heure, ce titre rassemble tout le savoir-faire des quatre talentueux musiciens. J’apprends d’ailleurs que les trois comparses de l’iconique batteur-chanteur sont en fait les gars de Blood Incantation. Décidément, ces types sont bourrés de talent. De véritables ingénieurs en Death Metal ! Et, à l’image du splendide titre d’ouverture, tout le set des Américains distillera un Death Metal extrêmement ambiancé, alternant à merveille plages Doom Death écrasantes, passages blastés et plans groovy. Le tout agrémenté par les nombreux shrieks du batteur-vocaliste. Mais ce qui me transcende le plus en live sont les nombreux passages atmosphériques où résonnent de simples notes de guitare à la diSEMBOWELMENT. Un régal !

Lors de la fin de set, nous avons droit à une autre exclusivité : David d’Undergang qui, pour son anniversaire, vient interpréter au chant le morceau Peeled Veins, issu du split entre Spectral Voice et son groupe Phrenelith. C’est déjà la quatrième fois du festival que nous voyons le bonhomme sur scène, et il reviendra encore plus tard dans la journée avec Wormridden (en compagnie des gars d’Anatomia). David Mikkelsen est d’ores et déjà élu « employé du mois » pour cette édition du KillTown. Respect !

Mais revenons à Spectral Voice. L’ambiance du show colle en plus parfaitement à la musique du quatuor. En plus de la fumée omniprésente, de simples chandeliers sont disposés çà et là sur scène, et il n’y a que très peu de jeu de lumière – la plupart du temps dans les tons bleutés. Et lors du final sur un tout nouveau morceau, toutes les lumières s’éteignent pour une fin de concert dans l’obscurité totale. J’étais au départ assez déçu de ne pas pouvoir distinguer l’énorme batteur-chanteur sur scène, mais je me laisse finalement absorber par cette atmosphère ultra poignante. Un set totalement bluffant de la part du combo de Denver qui s’impose sans soucis comme l’un des highlights du week-end !

Runemagick

Après une pause bouffe / alcool, l’heure est venue d’assister à ce qui va certainement être l’enchainement le plus éprouvant du festival pour votre serviteur : Runemagick -> Rippikoulu -> Derkéta. Une triplette Death Doom composée de groupes totalement différents, mais dont la renommée n’est plus à faire.

J’avoue avoir quelques appréhensions concernant le show de Runemagick. Éternel second couteau de la scène Doom Death scandinave, à la carrière prolifique mais toujours resté dans l’ombre avant de splitter dans l’indifférence totale. C’est en effet leur concert de reformation après plus de 10 ans de séparation, et cela ne semble pas avoir attiré beaucoup de monde dans cette grande salle. Mais dès l’ouverture sur l’intro de Enter the Realm of Death, je ne réponds plus de rien. On ne pouvait rêver meilleure entrée en matière ! Mis à part le son de caisse claire hyper flat, les conditions sonores sont parfaites. On perçoit tous les petits leads caractéristiques du groupe, et même les rares samples de synthé. Les musiciens gardent une attitude quasi-impassible sous ces lights bleutées. Et le léger contrejour mêlé à l’absence totale de communication avec le public donne à ce concert une aura toute particulière. On est vraiment dedans du début à la fin !

Côté setlist, le groupe alterne à la perfection entre longs pavés très ambiancés et titres plus groovy propices au headbang. Je ne connais pas encore très bien le récent album comeback du groupe, mais celui-ci se taille évidemment la part belle de la setlist, avec notamment le titre d’ouverture joué en début de set. La messe se finit par l’excellent Ancient Incantations qui ne manque pas de faire lever des poings dès son intro. J’avoue que quelques gros titres Death Metal du tout début de carrière ne m’auraient pas dérangé, mais ce set est tout de même parfaitement adapté à l’ambiance Doom Death de ce « Gloomy Sunday ». Malgré le public encore assez disparate lors de ce show exclusif, je passe un excellent moment en compagnie des Suédois. Mais pas le temps de niaiser, leurs voisins finlandais investissent déjà la seconde scène !

Rippikoulu

Le show de reformation de Rippikoulu au Finnish Maniacs 2015 avait laissé un gout amer à pas mal de festivaliers. En effet, l’absence de bassiste, la claviériste inutile doublée d’une vocaliste atroce, et les trois pauvres titres de Musta Seremonia n’étaient pas tellement les conditions idéales pour le retour des Finlandais sur scène. Heureusement, la bande à Anssi ne va pas tarder à nous faire oublier ce mauvais souvenir.

Le charismatique frontman, aux allures de Mads Mikkelsen finlandais, salue brièvement le public avant de débuter le set. Et celui-ci sera enfin à la hauteur de nos espérances avec ni plus ni moins que Musta Seremonia interprétée en entier et dans l’ordre ! Cette seconde salle est pleine à craquer, il s’agit certainement du concert qui aura ramené le plus de monde devant cette petite scène. Je reprocherais juste au son de gratte d’être un poil trop saturé, cela sonne presque suédois par moments, mais à part ça le son est excellent ! Le frontman Anssi est décidément le chanteur le plus classe de tout le week-end. En plus de son allure de bad boy, le bougre nous envoie parmi les vocaux les plus puissants et incisifs de tout le festival. Bien plus puissants et rapides que sur l’enregistrement original, les vocaux sont hyper impressionnants à entendre. Le placement de chant est idéal, et son phrasé semble encore plus véloce. C’est à croire que le bougre a pris de la bouteille avec l’âge. Surprenant ! Il n’y a guère que le batteur qui galère un peu lors des passages blastés. Son bras gauche est bien trop crispé lors des blasts, ce qui fait que nous n’entendons absolument pas la caisse claire pendant ces parties rapides.

Au-delà de ces quelques points, c’est un bien beau match retour auquel nous assistons ce soir. Exit la prestation mollassonne d’il y a trois ans. Après la fin de la fameuse démo, le groupe nous interprète les deux derniers titres de celle de 1992, encore plus inattendu ! Ceux-ci sonnent bien plus trashy et conviennent parfaitement à cette fin de set. Le public est conquis des premiers jusqu’aux derniers rangs. Mais revenons dès à présent dans la grande salle pour la fin de cet enchaînement. Je n’en sortirai pas vivant, c’est certain…

Derkéta

Tout comme pour Runemagick, j’ai beau adorer le groupe, je ne savais pas trop ce que ça allait donner sur scène. Derkéta sont déjà assez rares dans leur pays d’origine, mais il s’agit ici de leur toute première date européenne en 30 ans d’existence. Outre leur réputation de premier groupe 100% féminin à avoir percé dans la scène extrême début 90’s, les musiciennes de Pittsburgh sont avant tout à l’origine d’un des meilleurs albums de Doom Death du début des années 2010. Et cet unique full-length intitulé In Death we Meet sera évidemment à l’honneur ce soir.

Bien qu’elles aient un peu de retard, les trois musiciennes, accompagnées cette fois par UN batteur, font leur entrée tout en humilité devant un parterre hyper réceptif. J’aurais pensé l’affluence bien moindre pour cette fin de festival, mais il faut croire que le groupe est attendu. Et cela commence par l’emblématique Premature Burial qui instaure d’emblée une ambiance lourde et poisseuse dans la salle. La frontwoman Sharon, bien qu’assez bavarde entre les morceaux, semble assez réservée sur scène. Aucun déplacement, elle regarde simplement devant elle en exécutant scolairement ses parties de guitares et son chant ultra caverneux. Dommage. En revanche, sa collègue guitariste Mary est une véritable rockstar sur scène. Headbanging, signes au public, pied sur le retour, etc. Pour ma part, je n’ai d’yeux que pour elle. Je mets tout de même une mention spéciale à leur t-shirt David Gilmour et Stray Cats, que de bon goût pour ces guitaristes !

Je n’ai rien à redire sur le son du concert, en revanche pour ce qui est des lights, c’est zéro ! Il n’y a tout simplement aucun jeu de lumière pour ce concert de Derkéta. De simples spots bleus éclairent la scène du début à la fin, sans aucune variation. Cela n’empêche heureusement pas le groupe de nous asséner tout un tas de brûlots Death Doom d’hier et d’aujourd’hui. Après des Rest in Peace, Obscurities of Darkness, Witchburned, Last Rites et surtout Shadows of the Past en fin de set, les musiciennes nous ramènent à leurs premières années avec d’autres titres des démos. Et le tout se finit sur l’énorme Times of Awakening alternant à merveille parties groovies et gros passages plombants. Je regrette tout de même l’absence des titres d’ouverture et de fermeture de l’album, qui sont pour moi les meilleurs du groupe. Mais bon, on ne peut pas tout avoir. Cette fin d’enchaînement reste de toute façon idéale ! Et cela à tel point que ce sera mon dernier concert du festival, crevé que je suis par ces quatre jours ultra intenses. J’ai enfin fait le KillTown DeathFest, et c’est assurément mon meilleur festival de l’année, et certainement l’un des meilleurs de ma vie. Je peux mourir en paix.