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vendredi 9 juin 2017 - Team Horns Up

Download Festival 2017 - Jour 1

Download Festival - Brétigny-sur-Orge

Team Horns Up

Compte groupé de la Team Horns Up, pour les écrits en commun.

Lactance : Fraîchement débarqué en 2016, le Download Festival semble bien parti pour se faire une place à part dans le paysage des festivals de metal et de rock en France. Avec des têtes d’affiches de haute volée et des noms toujours plus prestigieux, le nouvel arrivé impressionne non seulement par ses ambitions, mais aussi par sa capacité à séduire un large public. Pour sa seconde édition, l’équipe de Horns Up était présente pour couvrir les trois jours de concert que compte cette nouvelle messe annuelle. Un weekend qui n’aura pas été de tout repos, notamment avec cette météo caniculaire, mais qui aura réservé quelques suprises plutôt sympathiques. On vous raconte tout ça.
 

Le nouvel emplacement

Mais avant, commençons par les petites nouveautés de cette année. Car la première particularité de cette deuxième édition, c’est bien entendu le nouvel emplacement du Download. Adieu l’hippodrome de Longchamp et l’ouest parisien, cap cette fois-ci vers le sud de l’Île-de-France. Niché en plein cœur de l’Essonne, non loin de Brétigny-sur-Orge, c’est à la Base Aérienne 217 que le festival a atterri en douceur pour nous proposer trois jours de festivités. Un site appartenant autrefois à l’armée française, mais qui a été revalorisé dernièrement pour accueillir des événements culturels comme l’AREA 217 qui, pour info, était censé inaugurer les lieux dès 2016 (première édition annulée à cause de l’état d’urgence et reportée à la fin du mois de juin 2017). À ma connaissance, c’est donc bien le Download qui aura eu l’honneur et le privilège de baptiser le terrain.

En tout cas, s’il y a bien une chose qui saute aux yeux, c’est la meilleure accessibilité du nouveau terrain par rapport à l’année précédente. En plus de pouvoir prendre sa voiture et se garer à proximité du festival - ce qui, pour rappel, n’était pas le cas l’année dernière au grand dam des festivaliers -, le Download peut surtout profiter maintenant de la présence du RER C. Une aubaine pour ceux qui préfèrent les transports en commun et qui ne veulent pas se taper des kilomètres et des kilomètres de bouchon à l’entrée du site (jusqu’à 2h30 d’attente le vendredi après-midi). Mais tout ceci cache aussi un hic. En effet, durant les trois jours du festival, les navettes censées transporter les festivaliers vers le site se retrouvent très rapidement débordées. À tel point qu’en arrivant sur le parvis de la gare RER, les membres du staff préfèreront vous conseiller d’abandonner tout espoir, plutôt que de vous indiquer où et comment prendre ces mystérieuses navettes, dont on n'aura pas vu la couleur ou alors très peu. Pour arriver à bon port, comptez ainsi entre 20 et 25 minutes supplémentaires afin d'atteindre les premières files d’attente, avant la traditionnelle fouille des sacs et la palpation de rigueur. Le Download se rattrape toutefois nettement mieux pour le voyage retour puisque six trains supplémentaires, en ligne directe et gratuits, sont mis à disposition des festivaliers chaque soir pour rejoindre le centre-ville de Paris après la fin des concerts. Petit confort appréciable, d’autant plus que les concerts finissent relativement tôt (23h30). Pratique donc pour se coucher rapidement ou prolonger la fête en centre-ville jusqu’à pas d’heure (à votre bon coeur).
 

Organisation du site

Concernant la configuration du site, le Download Festival marque également des points par rapport à l’année précédente. Alors que l’hippodrome de Longchamp pratiquait un couloir interminable (comme au Sonisphere), où tout le monde se rue 30 secondes après la fin de chaque concert pour rejoindre l’autre scène, le plan du festival a enfin fait peau neuve. Prenant désormais la forme d’un arc-de-cercle, la nouvelle configuration présente ainsi l’avantage d’offrir une meilleure répartition de l’espace, qui permet surtout un trafic plus fluide des festivaliers et d'éviter les goulots d'étranglements. Aucun problème à signaler en tout cas pour se déplacer entre les deux Main Stages sur tout le weekend - sauf aux heures de pointes forcément - ou pour se rendre vers les deux autres scènes un peu plus en retrait.

Là où le Download pêche et fait toujours office de mauvais élève, c’est encore sur le plan de la décoration et de l'ambiance visuelle. Entre les murailles de tonnelles blanches à perte de vue, les grilles affreuses qui barricadent les ¾ du site et les photos souvenirs de l’édition 2016 placardés à la va-vite, la scénographie des lieux contribue à maintenir une ambiance peu chaleureuse et qui manque cruellement de caractère. Toutefois, relativisons un peu, puisque quelques améliorations sont à noter parmi les nouveautés de cette année, comme la présence d’avions posés sur différents conteneurs (rappelant la première vie de la Base Aérienne 217) ou encore quelques pièces de moteurs placées çà et là comme éléments de déco. Le résultat est tout de même un peu tristoune et sporadique. On pourra éventuellement se consoler grâce à la présence de différents espaces dédiés (barbier, tatoueur, stand Fender…), venus animer un peu plus la vie du fest. Mais inutile de se le cacher, il reste encore beaucoup de chemin à faire pour que le Download puisse enfin avoir un peu plus de charisme.
 

Vie pratique

Côté pratique, pas grand chose de nouveau sous le soleil de Brétigny. Avec une grande diversité de stands de restauration répartis sur plusieurs spots, le Download a encore bien fait de déléguer à des privés, malgré des prix toujours aussi chers (environ 10 boules le pauvre sandwich sans frites chez certains restaurateurs qui n'ont pas froid aux yeux). Si on passe aux boissons, c’est un peu plus délicat par contre. En dehors du fait que la pinte titre à 8 euros, les files d’attente ne semblent jamais se tarir à proximité des buvettes, avec des pics de fréquentation qui sentent bon les 30 à 45 minutes de queue (notamment le samedi). Pas assez de monde au bar, lenteur du cashless (système qui tend pourtant à se normaliser), vraiment trop de soulards cette année en dépit de la chaleur ? Je ne sais pas trop, mais quelque chose demande à être revu très clairement pour le confort des festivaliers. Pour conclure sur ce point, on pourra également souligner la bonne disponibilité en points d’eau, à proximité des scènes qui plus est. Tip top pour ne pas rater une miette du concert et ne pas subir de plein fouet la canicule à laquelle on aura eu le droit tout le weekend.  
 

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Dagoba
Warbird Stage 
17:25 > 18:05

Schifeul : Retour au Download un an après une première édition assez mitigé à cause d’une organisation aux fraises tout juste rattrapée par les concerts des grosses têtes d’affiche. L’interrogation de cette seconde édition était donc de savoir si le Download avait pu combler ses lacunes, malgré un emplacement sur un nouveau site. Mais en plus, j’ajoute une petite variante au truc, car comme j’ai été faire le mariolle au Danemark, me voilà en béquille. Donc je vous invite à suivre les péripéties d’un mec à mobilité réduite dans un week-end où le but est de rester debout et d’aller d’une scène à l’autre. Et je peux vous dire que ce n'était pas une partie de plaisir et que j’en ai clairement bavé des ronds de chapeaux.
 
On va être rapidement confronté à cette question de l’orga, car alors que l’on arrive dans les derniers kilomètres, on remarque que l’on est en train de remonter toute une route bouchée dans le sens inverse. Après quelques kilomètres, on tombe sur un rond-point qui nous demande de faire demi-tour et nous fout donc dans cette voie obstruée. Ha. Et ce n'est pas du petit bouchon non, c’est plus le genre où, si un passager veut fumer une clope, il peut sortir de la bagnole, la fumer en faisant un ou deux pas et rentrer dans la voiture. Ça commence bien.
 
On arrive donc sur le parking du fest après presque 2 heures de surplace, puis grâce à des co voitureurs compatissants, des potes arrangeants et une copine qui transcende sa condition physique pour m’aider à porter mes affaires, je m’installe enfin sur le camping suite à moult kilomètres parcourus pour récupérer les bracelets press. Après avoir repris des forces à coups d’Oréo, je me rends sur le site du fest juste à temps pour voir le dernier morceau de Dagoba sous la warbird stage.
 
Pas que je voulais spécialement voir ça, mais c’était la première scène sur laquelle je suis tombé du coup paf, je me pose sur ma chaise le temps de The Thing Within. Bon bah rien de particulier à dire, c’est carré, ça jump, et entendre ce morceau fait remonter des souvenirs adolescents de quand j’écoutais encore le groupe. D’ailleurs, la résurgence de ce type de souvenirs sera le mot d’ordre du Download Festival, car une tripotée de groupes tomberont pile dans ce cas de figure.
 

Blink 182
Main Stage 1
19:05 > 20:20

Lactance : Au cas où vous ne l'auriez peut-être pas remarqué, le pop punk n'est pas tout à fait mort ! Un constat surprenant mais indubitable lorsqu'on voit le succès commercial de certains groupes actuellement (type A Day To Remember ou Neck Deep), mais également ce gros retour en force de l'ancienne vague des années 90. Ancienne vague dont fait naturellement partie Blink 182, reformé il y a presque huit ans déjà et toujours présents à l'affiche des plus grands événements dont le Download Festival France.    

À en juger par le nombre de t-shirts à l'effigie du groupe, le trio californien semble en tout cas très attendu par son public français ce soir, qui rassemble désormais aussi bien des fans de l'époque barbouillés de crème solaire, que des kids nés dans les années 2000 (petit coup de vieux). À peine arrivé sur scène, le combo décide d'ailleurs de pas trop tourner autour du pot en ouvrant le bal sur Feeling This (que tout le monde s'est au moins tapé une fois en zappant sur MTV). Malheureusement, malgré un très bon accueil tout autour de moi, les premières minutes du show me laissent pour ma part un sentiment très mitigé, qui n'évoluera pas durant le reste du set.

En plus d'avoir un son plus qu'approximatif à cause de la batterie de Travis Barker (qui assourdit complètement la section rythmique je ne sais comment), j'ai la curieuse impression que les quarantenaires sont un peu partisans du moindre effort et ne cherchent pas à s'investir plus que ça musicalement. En particulier Matt Skiba, le remplaçant de Tom DeLonge (parti chasser les aliens depuis 2015), qui paraît complètement à côté de la plaque lorsque c'est à son tour de prendre le micro, avec ses lignes de chant ultra fades et monotones.

Pourtant avec des titres comme First Date, The Rock Show, All The Small Things, Dammit ou encore What's My Age Again, on est d'accord que le potentiel était normalement au rendez-vous pour faire monter la fièvre de nos années collège. Mais une fois de plus, j'ai beau connaître les notes et chaque refrain par cœur, il n'y a toujours pas ce frisson, cette petite pointe de nostalgie, qui me permet d'apprécier ce concert aussi dénué d'émotion, qu'ascptisé. Pas la peine non plus de compter sur les nouveaux titres qui ne permettent pas au trio de relever le niveau. Au point où on en est, ce n'est pas forcément très grave. Je n'attendais pas grand chose de ce concert de toute façon, même si ça aurait pu être fun.

Setlist :
Feeling This
The Rock Show
Cynical
Anthem Part Two
What's My Age Again?
First Date
Bored to Death
Built This Pool
Down
I Miss You
Dumpweed
Reckless Abandon
She's Out of Her Mind
Always
Violence
Sober
Family Reunion
Dysentery Gary
Los Angeles
All the Small Things
Brohemian Rhapsody
Dammit

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Hatebreed
Warbird Stage 
17:25 > 18:05

Après un détour aux stands bouffe hors de prix (8 balles minimum pour un burger sans les frites), retour à la Warbird stage pour Hatebreed qui va tout péter avec un des meilleurs concerts du fest et surtout que j’ai pu voir de leur part. Enfin voir, faut le dire vite du haut de ma chaise, mais ça m’a suffi à me prendre de grosses patates dans la gueule. Et niveau patate, Hatebreed sort l’artillerie lourde et avec double cuisson en mode RAB de l'acrylamide, car ils nous sortent une set list au poil, taillé pour le fest avec hymne du groupe à tir larigot. Exit donc les derniers albums, représentés ici par le strict minimum, malgré une sortie récente en 2016. Là, ça nous sort du Live For This, This is Now, Ashes They Shall Reap et autre I Will be Heard. Le Download commence très fort.
 
Par contre, on peut se demander ce qu’ils foutent dans un chapiteau plutôt que sur une scène, surtout que celui-ci qui déborde de partout. Mais bon, en contrepartie le groupe se retrouve à jouer uniquement devant des fans ou des mecs motivés à casser des bouches, l’étroitesse exclue d’office le casual qui peuple le Download Festival.
 

Gojira
Main Stage 2
20:25 > 21:40

Lactance : Un an après avoir retourné l'hippodrome de Longchamp, Gojira est de retour au Download pour la deuxième fois consécutive. Coincé entre Blink 182 et Linkin Park, je dois reconnaitre que j'avais quelques appréhensions concernant l'horaire de passage des Français, plutôt surprenant à vrai dire et peut-être pas aussi avantagés qu'on aurait pu le croire. Mais les festivaliers ont bien répondu à l'appel en ne désertant pas la Main Stage 2, tout comme les Aquitains qui ont assuré le show du début jusqu'à la fin, forts de leur expérience en live qui leur a rarement fait défaut.

En l'espace d'une heure et quart, Gojira nous gratifie en effet d'un set impeccable et intense, avec son Death Metal aux accents prog et techniques toujours synonyme d'efficacité au moindre riff lancé. De The Heaviest Matter Of The Universe à Oroborus, en passant par l'inratable Backbone venu décrocher quelques machoires, le quatuor multiplie les frappes chirurgicales avec brio devant un magnifique soleil rasant de face (qui instaure une ambiance encore plus guerrière que d'habitude). De l'autre côté de la barrière de sécurité, les premiers rangs ne se font d'ailleurs pas prier pour semer un peu de pagaille - comme s'il fallait en profiter à fond avant l'arrivée de Linkin Park - en commençant à faire parler la poussière.

Mais là où j'en attends un peu plus de la part de Gojira, c'est bien sur les pistes du nouvel album, Magma, que j'ai mis un certain temps à apprécier à sa juste valeur. Que ce soit sur Stranded et son refrain hyper punchy ou The Shooting Star et ses phases tout aussi hypnotisantes que lancinantes, les Français parviennent une nouvelle fois à faire la différence en dominant complètement la Main Stage 2. Même si le tempo a tendance à ralentir sur les différents morceaux du nouvel album, les Aquitains conservent coûte que coûte leur son massif et puissant, tout en rafraîchissant leur setlist à point nommé. Une claque mémorable qui prouve qu'année après année, même après l'arrivée de la gloire et du succès, Gojira n'est pas prêt de se reposer sur ses doux lauriers pour proposer un concert de qualité.

Schifeul : C’est l’heure d’aller se frotter aux mainstages pour la première fois du week-end avec le concert de Gojira, qui jouent bien plus tard que l’an dernier. À cause de mon genou qui me dit merde, je décide de poser ma chaise pas mal en retrait afin de pouvoir profiter du show peinard. Malheureusement, le festivalier moyen décide de ne pas l’entendre de cette oreille et rapidement un jean-foutre se pose pile dans mon champ de vision, sans même se demander si ça ne me cassait pas les couilles. Je réprime donc l’envie de lui balancer ma béquille à la gueule pour lui apprendre à porter un t-shirt turquoise et se poser devant les gens. Déjà parce que je devrais aller la chercher, mais aussi parce que je me rends compte de ce que ça fait quand je me pose devant quelqu’un (et que je n'ai pas envie de changer mes habitudes derrière). Je me décale alors un peu pour voir Gojira démarrer sur un Only Pain qui lance un concert bien plus convaincant que celui que j’ai pu voir au Hellfest l’an dernier !

Bon, ça ne vaut pas la mandale de Dour 2015 et la moitié de la set list est orientée sur Magma que je n'ai pas écouté, mais la prestation pète des culs sévère, et même assis comme un con je kiffe la vibe comme on dit ! Le point culminant reste Flying Whales, même si … Vous savez, le public français a la réputation de pas être foutu capable de partir au bon moment sur un wall of death ? Bah là, c’était pire que tout, car en plus d’avoir totalement mongolisé et d'être partis n’importe comment, ils ont fait ça alors qu’on leur explique quoi faire en français ! “ Y a d’abord la guitare, puis quand vient la batterie vous partez !” Et ils sont partis dès le départ du riff ces cons...

Après un enchaînement Backbone / L’enfant sauvage où Joe nous a sorti un speech d’illuminé, d’autant plus marquant que c’était le seul du set, dans le genre “On va sortir grandi d’ici, il y a trop de choses sales dans le monde, on va rassembler nos énergies et aider nos prochains”, Enfin je ne sais plus trop, il est parti trop loin. Oui donc, après cet enchaînement, Mario nous joue un solo de batterie et le groupe reprend sur The Shooting Stars et perso, je trouve cette deuxième partie de set bien moins intéressante, je dirais même plus chiante. Pour preuve, le temps m’a paru tellement long que je pensais que ce solo avait eu lieu en milieu de set alors que non, c’était plus aux ¾… Un dernier Vacuity et le groupe sort de scène après très bon concert.

Setlist :
Only Pain
The Heaviest Matter of the Universe
Silvera
Stranded
Flying Whales
The Cell
Backbone
L'Enfant Sauvage
Drum Solo
The Shooting Star
Pray
Oroborus
Vacuity

*
 

Nostromo
Warbird Stage 
22:20 > 23:20

Schifeul : Après avoir une nouvelle fois saigné mon compte de quelques sous que je n'ai pas pour me nourrir, j’installe ma chaise sur le côté de la Spitfire, plus petite scène du festival, afin de suivre le set de Nostromo. Deuxième partie de ce côté souvenir, souvenir du Download car les Suisses se sont reformés récemment après 11 ans de split. Cela avait fait grand bruit à l’époque, surtout sur le forum de Soulknot car ils y étaient populaires. Voici l'anecdote de vieux pour ceux qui connaissent l’histoire de votre site bien-aimé.

Mais assez parlé du passé, car Nostromo n’est pas là pour enfiler les perles et la brutalité de leur set nous fait oublier qu’il y a eu un passage à vide chez eux. Enchainant titres grind et bonnes blagues “Salut, on est Linkin Park !” “Qui nous a déjà vus en live ? Ok, quatres personnes” Nostromo va balancer un des set les plus brutasses du week-end et montrer ainsi qu’il n’y a pas que du mainstream tout lisse au Download mais aussi quelques pépites un poil plus rugueuses.

 

Linkin Park
Main Stage 1
21:45 > 23:30

Lactance : On conclut cette journée (plutôt courte pour ma part) avec la première tête d'affiche de cette nouvelle édition du Download. Depuis maintenant 10 ans, on peut dire que c'est un peu la grosse loterie à la sortie de chaque nouvel album de Linkin Park, qui varie les plaisirs en adoptant un style radicalement différent du précédent. Après être revenus à un son presque garage rock sur The Hunting Party, c'est donc à présent la pop, ou plutôt l'electropop, qui semble attirer la curiosité des Américains avec la sortie cette année de One More Light. Un choix qui fait sens après tout, dans la mesure où les Californiens se sont tout de même bien assagis par rapport à leurs jeunes années, mais qui est loin de faire l'unanimité auprès des fans comme de la critique.

Quoi qu'il en soit, si l'intro a le mérite de faire monter la pression avant l'arrivée des six musiciens, les choses se corsent très rapidement une fois que ça se met à jouer. Pour faire simple, Chester Bennington et sa bande se sont mis en tête d'enchaîner les morceaux les plus calmes des trois derniers albums pour (tenter de) chauffer le public. Une prise de risque maximale qui paie difficilement, puisqu'une grande partie d'entre nous réunis ce soir attend surtout les morceaux un peu plus rentre-dedans pour se défouler. Au bout d'une demi-heure de jeu, ça commence donc à s'ennuyer ferme du côté du public, lassé d'avoir des ballades trop posées et qui songe sûrement aux deux premiers albums avec un gros pincement au coeur. Surtout quand rententissent un peu plus tard les premières notes de Good Goodbye et de Heavy, qui suscitent méfiance et incrédulité.

Même lorsqu'on passe à des titres plus appréciés comme Breaking The Habit ou Crawling (joué avec seulement un piano en guise d'accompagnement), Linkin Park poursuit sur sa triste lancée en ralentissant le tempo à l'extrême. Une douche froide supplémentaire pour les fans qui s'impatientent de plus en plus et n'hésitent plus à exprimer leur mécontentement, en sifflant et en huant les Américains à intervalle régulier. Sans surprise, le groupe a choisi effectivement de dévoiler ses morceaux old-school plutôt en fin du set. Mais même si In The End, Faint ou Numb tombent du panier et sont bien de la partie dans le dernier quart temps, le mal est fait pour une grande partie des spectacteurs, qui ne sont plus trop d'humeur à s'ambiancer.

Tout au long du show, le groupe fait enfin peine à voir sur cette scène, qui paraît d'ailleurs un peu trop sobre à mon goût pour une tête d'affiche de ce calibre. Entre Chester Benningston qui saute en faisant la toupie tous les 10 se condes (façon Chris Martin de Colplay s'il-vous-plaît) ou bien le pauvre Joe Hahn qui ne sait plus quoi faire derrière ses platines les 3/4 du temps (puisqu'il n'a plus grand chose à faire de toute façon), le groupe me donne le sentiment d'être devenu l'ombre de ce qu'il était. On pourrait presque en conclure que l'album Live At Texas appartient à un autre temps immémoriel. Je suis plutôt curieux de voir ce que ça donne au Hellfest dans une semaine, même si les chances pour que j'aille voir le groupe sont plutôt proches de zéro.

Schifeul : Je quitte Nostromo un peu avant la fin, histoire de jeter un œil à Linkin Park. J’ai jamais été fan, mais ça permettra toujours de revivre des souvenirs adolescents s’ils jouent les 3 titres d’Hybrid Theory que je connais. Pour le coup, je monte sur la plateforme PMR afin de surplomber l’énorme masse devant laquelle joue Linkin Park. Putain, je ne savais pas qu’il y avait tant de monde qui écoutait encore ce groupe. Enfin bref, après un morceau tout chiant, retentit l’intro d’In The End avant que le groupe ne stoppe tout pour laisser le public chanter ! Et si sur les deux premiers vers, c’est assez classe, ça part vite en fail avec les ¾ du Download qui se transforment en Jean-Michel apeupré , incapable de chanter le titre correctement. avant que Linkin Park ne reprenne la suite et stop le massacre ! Mais bon au final, ça n’a pas vraiment d’importance, car l’effet est là et on retrouve ses 13/14 ans.

Après un Faint qui, soyons honnête, enjaille pas mal, le kiff baisse pas mal avec un Numb que je trouve un peu faiblard (en même temps, je préfère la version insane Cherry) puis un titre récent dont je me fous. Heureusement derrière ça dégaine Papercut, qui fait remonter des souvenirs, car la dégaine de Chester dans le clip me faisait bien marrer quand je tombais dessus dans l'Ultra Metal que j'avais enregistré la veille sur VHS. Et ouais les jeunes, y avait pas Youtube à l’époque ! D’ailleurs si vous avez du temps à perdre (ce qui doit être le cas vu que vous me lisez) je vous conseille leurs clips époque Hybrid Theory ! Style chemise à manche courte à la ramasse, gimmick néo-metal nulles et 3D moche. Toute une époque en somme.

Le set se termine par un dernier titre pas trop mauvais et c’est déjà bien suffisant pour moi. Petit bout de concert sympatoche donc, avec des vieux titres qui me font une belle remonté nostalgique, même si ça n’arrive pas à la cheville de la première fois que j’ai vu Last Ressort de Papa Roach en live.

Setlist: 
Talking to Myself
Burn It Down
The Catalyst
Wastelands
One Step Closer
Castle of Glass
Good Goodbye
Lost in the Echo
Battle Symphony
New Divide
Invisible
Waiting for the End
Breaking the Habit
One More Light
Crawling
Leave Out All the Rest
Somewhere I Belong
What I've Done
In the End
Faint
Numb
Heavy
Papercut
Bleed It Out

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Lactance : Voilà la première journée du Download 2017 qui s'achève, marquée par plusieurs mandales et son lot de petites déceptions.  En résumé c'est plutôt du côté de la Warbird qu'il fallait se rendre pour assister aux meilleures performances du jour, plutôt qu'à proximité des deux Main Stages, qui n'ont pas encore brillé par la qualité de leurs concerts. Qu'à cela ne tienne, rendez-vous dès demain pour la deuxième manche avec, entre autres, System Of A Down, Slayer, Paradise Lost ou encore Code Orange !