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dimanche 24 juillet 2016 - Team Horns Up

Ragnard Rock Festival 2016 - Jour 3

DANS LES PRÉS - SIMANDRE-SUR-SURAN

Team Horns Up

Compte groupé de la Team Horns Up, pour les écrits en commun.

C'est déjà le dernier jour de ce Ragnard Rock 2016. Le temps est passé bien vite depuis jeudi mais on se réjouit de voir les prestations du jour, dont celles de Daemonia Nymphe, Selvans, Monarque, KrodaGaahl's Wyrd et Nargaroth.
Récits et conclusions...

 


Daemonia Nymphe
Heim Stage
13:00

 

Dolorès : J’ai cru qu’on allait encore annoncer une annulation vu le retard avec lequel le groupe a fini par jouer. Ça m’aurait bien déçue d’être venue pour louper les deux groupes que je voulais le plus voir avec Faun… C’est finalement avec 2h15 de retard (les instruments n’étant pas arrivés à 13h, horaire de passage prévu) que les grecs s’installent sur scène. Leur set connaîtra quelques soucis : écourté car deux des musiciens devaient s’en aller, son revu plusieurs fois en cours de route car les balances avaient été assez expédiées à la demande du groupe pour pouvoir jouer un minimum. A cela s’ajoute que le volume a dû être bien remonté à cause de Sangdragon à côté qu’on entendait pas du tout discrètement, c’est un des inconvénients de ce type de festival qui fait jouer deux styles complètement opposés assez proches, le groupe Metal sonnant forcément bien plus fort que l’autre. Le groupe avait d’ailleurs l’air amusé de jouer dans un festival Metal, pas tout à fait habitué à ce public et cette ambiance.

Je ne sais pas si les parties amputées du set devaient être des titres de « Psychostasia » (avant dernier album en date), car ils n’en ont pas joué tant que ça. Beaucoup de vieux titres que je connaissais moins, ainsi que de nouveaux titres de « Macbeth » sont venus s’alterner avec des merveilles comme « Nature's Metamorphosis », « Nemesis Rhamnousia » ou « Thracian Gaia ». Le chanteur et musicien, fondateur du groupe (avec l’autre chanteuse et musicienne) ayant sorti sa cornemuse sur ce dernier titre, j’ai espéré qu’ils jouent mon titre favori « Deo’s Erotas », mais malheureusement cela n’a pas été le cas.
Sur scène, il s’agit d’un véritable spectacle, entre les membres du groupe parés de masques, jouant de ces répliques d’instruments anciens (différentes lyres, entre autres), la beauté et la pureté du chant de la chanteuse Victoria Couper, et les deux danseuses (dont une merveilleuse espagnole, danseuse tribale qui nous en a mis plein les yeux). En réalité, nous étions entre performances théâtrales (gestes en tenant des masques blancs, ou se laissant porter par les mélodies en se crispant sous des voiles, faisant s’entrechoquer des chaînes…) et danse (voiles, danses traditionnelles, ailes d’Isis…). Cela complétait à merveille le spectacle qui s’est établi sur scène, cette aura unique du groupe, onirique et folklorique.
J’ai vu seulement après que The Moon And The Nightspirit était censé rejoindre le groupe sur scène pour un concert exceptionnel… En espérant voir ça un jour, je me suis largement contentée du set écourté mais merveilleux de Daemonia Nymphe, jouant pour la toute première fois en France !

Hugo : La chaleur qui régnait alors sur le Revermont, et qui y régnera une bonne partie de la journée, se dissipe un peu lorsque démarre le concert de Daemonia Nymphe. Et quel ascenseur émotionnel, surtout après l'annulation de The Moon & The Nightspirit la veille, qu'à la vue de tout ces retards ! Mais le groupe jouera bel et bien malgré tous les problèmes, fort heureusement.
Le concert commence donc devant une audience plutôt bien fournie, bien qu'il aurait à mon sens largement mérité sa place sur une grande scène et de nuit. Surtout avec ces deux danseuses qui sauront donner un côté totalement hypnotique aux compositions (ou du moins, les rendre encore plus hypnotiques) ! Et que dire sinon que le concert se déroula dans d'excellentes conditions, bien que les groupes jouant sur les scènes principales empiétaient un peu sur l'espace sonore. Mais surtout, ces voix ! Ces voix cristallines qui résonnèrent au travers de nos corps, si belles ! Vraiment, un grand moment. Tout est maîtrisé et fait pour nous captiver du début à la fin, sublime.
Pas grand chose à rajouter, Dolorès a tout dit, espérons seulement que le groupe pourra revenir dans le coin, et ce bientôt ! 

Nostalmaniac : 13h. Je m'avance pour la première fois vers la Heim Stage sans savoir que le groupe hellène s'égara. On apprend en effet qu'il y a eu un souci avec leur matos coincé entre deux aéroports et on s'attend à une nouvelle annulation. Toujours gênant pour une tête d'affiche. Cependant, après deux bonnes heures le bruit court que Daemonia Nymphe est bien arrivé. Je rejoins donc à nouveau la Heim Stage pendant que Sangdragon démarre son set tambour battant. Le soleil tape fort lui aussi cette après-midi et je profite du concert à côté d'un compatriote en PLS qui profitera à sa façon du set. Un set certes perturbé par le son des scènes principales, mais je me laisse vite prendre par l'atmosphère avec ces masques et ces sublimes danseuses. Un moment d'évasion mystique et onirique. Le béotien que je suis y trouve son compte et se laisse charmer par ces chants féminins envoûtants et ces instruments folkloriques. Une agréable surprise !

S. : Attiré par la curiosité de voir les grecs se produire, je quitte prématurément le set d’Azziard pour rejoindre le village viking et la scène Heim. Alors qu’ils devaient commencer à 13 heures, il aura fallu patienter deux bonnes heures pour enfin entendre leur premier titre. Manifestement, ils ont eu des problèmes avec leurs bagages à l’aéroport, leurs instruments se sont momentanément égarés (Nargaroth aussi en aura fait les frais). Bref, je ne connaissais jusqu’alors pas du tout Daemonia Nymphe. Les individus se présentent au public costumés et masqués, et produisent une musique folklorique mais complètement mystique et ésotérique, que ce soit dans l’ambiance ou le visuel, avec ces chorégraphies décalées. Leurs compositions se veulent profondes, rythmées, avec l’apport de voix cristallines et célestes. Il est toutefois regrettable que sur la fin les musiciens aient été gênés par le bruit de Sangdragon qui débute sur la Odin…même au niveau du public, le réel nous arrache de ce petit moment d’évasion spirituelle créé par les Hellènes…

 

 


Azziard
Thor Stage
15:00

S. : Alors que j’ai poireauté comme pas possible devant la Heim pour assister à la prestation de Daemonia Nymphe, j’entends au loin le début du set d’Azziard. Je cède ma place à l’ombre jalousement gardée pour rejoindre le pit de la Thor. C’est la première fois que j’entends parler d’eux. J’y retrouve avec plaisir le guitariste Nesh, déjà présent l’année dernière avec Nydvind. Pressé par l’imminent lancement des grecs de l’autre côté du site, je ne reste ici que quelques morceaux. Mais de ce que j’ai entendu, les parisiens délivrent un Black Metal qui fait mouche. C’est direct, rentre-dedans, incisif et sans concession. Une violence rappelant beaucoup Marduk. Je ne manquerai pas de les revoir si l’occasion se présente pour profiter comme il se doit de leurs titres.

Nostalmaniac : Soleil, chaleur et Black Metal offrent toujours un contraste... perturbant. Surtout que le Black Metal aux relents Death des parisiens est assez rentre-dedans. Des guitares écrasantes, des vocaux emplis de fiel et de haine, un batteur derrière ses fûts comme dans un Panzer. Il y a bien quelques subtilités mais c'est bougrement efficace. Je pense évidemment aux assauts les plus brutaux de Marduk ou à Gorgoroth mais ne pensez pas qu'il s'agit là d'un pâle ersatz. Tous les titres font mouche et le set passe très (trop) vite. La puissance de feu d'Azziard est en tout cas indéniable et j'écouterai avec curiosité leur troisième galette prévue cette année chez Kaotoxin

 

 


Sangdragon
Odin Stage
15:35

 

Setlist Sangdragon :
Waterborn
Front Of Steel  
Deep Dark ... Descent
Krakenfyr
Winged Blade
Back To Dust   
The Silent Plague
Father Of All Kings 
Final Battle (Against Your Dark Side) (Akhenaton Cover)

 


Selvans
Thor Stage
16:20

Dolorès : Dans le genre salut j’ai un album et un EP et je défonce tout, voici Selvans. Les italiens ont déjà convaincu un bon paquet de monde dans le genre Black accessible à mélodies et atmosphères marquées. Dommage que le soleil ait été à ce point au rendez-vous lors de leur passage à l’heure du goûter. La chaleur étouffante n’a pas aidé le groupe à créer un climat propice à ce type de concert, on aurait aimé voir le groupe jouer plus tard, tant pour le jeu de lumières plus présent, l’ambiance nocturne et le confort du festivalier. Ce sera sans doute faisable dans quelques années, le temps que le groupe fasse son petit bout de chemin, aucun doute quant à leur succès à venir.

Hugo : Un très bon moment de Black Metal passé en compagnie des italiens de Selvans ! Fiers d'un album que je trouve personnellement assez excellent, le groupe saura parfaitement passer l'épreuve du live. Que ça soit par la très bonne interprétation de ses longues compositions, ou la présence des musiciens, tout y est. Le chanteur occupe lui aussi très bien l'espace scénique, ce qui rend le tout très agréable malgré la chaleur prépondérante. Autre fait remarquable, c'est cette reprise de Nokturnal Mortum, très bien placée dans le set. Continuez comme ça les gars, vous tenez le bon bout ! 

Nostalmaniac : Le premier album des italiens m'a définitivement convaincu. Convaincu qu'il leur est promis un bel avenir s'ils exploitent vraiment leur potentiel et leur identité. Convaincu également que ça ne peut pas être qu'un très bon groupe de studio. Selvans débarque donc grimé sous une chaleur accablante avec l'introduction de Lupercalia et démarre son set avec un "Versipellis" intense et captivant joué avec passion. Le vocaliste est complétement habité. Si bien sûr, l'atmosphère de la nuit (surtout parmi ces montagnes) est taillée pour leur Black Metal atmosphérique et folkorique, le show ne m'en laisse pas moins une très bonne impression. On notera également que si la setlist (ci-bas) peut paraître courte, il ne faut pas oublier que le combo italien est à l'aise dans les longues structures (pas moins de huit minutes pour un morceau). "O Clitumne!", autre extrait de leur premier long format, se montre ensorcelant, déchirant. Je me laisse transporter dans les forêts et les montagnes des Abruzzes. Puis, les premières notes de leur adaptation du Goat Horns de Nokturnal Mortum, "Cornua Caprina", me donnent les frissons que j'aurai voulu tant avoir pendant le show "spécial" des ukrainiens (on ne remue pas le couteau dans la plaie, mais...). Une reprise maitrisée avec beaucoup de ferveur qui fait même sonner la version originale comme très cheap. Énorme ! Et c'est déjà le temps du dernier morceau. Un "Lupercale" efficace et qui confirme tout le bien que je pense de ces gaillards. Présence scénique, intensité, passion. Une prestation époustouflante d'un projet talentueux que je me réjouis de revoir... En attendant, allez écouter leur album si ce n'est pas déjà fait.

S. : Selvans avait fait une entrée remarquée en 2015 avec leurs sorties chez Avantgarde. Du peu que j’avais écouté, j’en étais venu à la conclusion hâtive d’avoir un ersatz de Kroda, en moins bien. Et là, les Italiens vont balayer d’un revers de main ce préjugé, puisque sur scène et dans les compositions, ils sont très éloignés des ukrainiens. Les transalpins délivrent en effet un Black Metal rapide mais dont les riffs sont complètement envoûtants, mis en relief par des nappes de claviers offrant une ambiance assez atmosphérique, épique et prenante. A part le vocaliste, les musiciens sont assez statiques, ce qui au final renforce le côté solennel. Une très bonne surprise d’un groupe que je n’attendais pas spécialement.

 

Setlist Selvans :
Matavitatau
Versipellis
O Clitumne!
Goat Horns/Cornua Caprina (Nokturnal Mortum cover)
Lupercale


Percival Schuttenbach
Odin Stage
17:10

Shawn : A l’image de Acus Vacuum, une autre formation s’est également produit à deux reprises. Enfin… Pas exactement. On résume : Percival (formation polonaise de folk) s’était produit sur la Heim Stage le samedi. Et on retrouve donc Percival Schuttenbach ce dimanche : la même formation que Percival sauf que cette fois ci le groupe joue en configuration Metal. On retrouve les mêmes musiciens, ces mêmes sonorités des pays de l’est (beaucoup de festivaliers les compareront à Аркона) et les mêmes types de paroles lorgnant vers les légendes slaves. Si leur Folk Metal légèrement progressif est rafraîchissant, il faut reconnaître que le groupe n’innove pas tant il y a d’autres formations dans le même style. On reconnaîtra en revanche au groupe une productivité hors norme : 4 albums avec Percival Schuttenbach et 7 avec Percival. On appréciera également la prestance scénique et la voix de la belle Christina Bogdanova, par ailleurs mariée au guitariste du groupe Mikołaj Rybacki ! En bref : sympa mais pas foufou, tout l’intérêt du groupe résidant dans la dualité entre leurs deux concerts et concepts.

S. : Après avoir donné un show 100% Folk la veille, auquel je n’avais pu assister, leur préférant Khors, les polonais sont de retour du côté des scènes principales, avec un set Metal. Leur style pourrait être qualifié de Pagan/Folk Death. Les musiciens paraissent rompus à l’exercice tant ils font preuve d’aisance, que ce soit le guitariste et ses mimiques, ou la chanteuse dont la performance en aura surpris plus d’un j’imagine. Celle-ci dispose de capacités vocales impressionnantes, passant d’une seconde à l’autre de growls death au chant clair. Tout ce coffre dans ce petit bout de femme me fait penser à leurs compatriotes de Merkfolk, venus l’année dernière à la première édition.
Sans être transcendante, la musique de Percival Schuttenbach n’a pas manqué d’intérêt.

 

 


Monarque
Thor Stage
18:00

Hugo : Ah Monarque, là aussi j'attendais beaucoup de la part du groupe, lui qui me berce depuis quelques temps maintenant. "Black Metal Tabarnak" ! Ces trois mots résonneront tout le long du set, et nous rappelleront que la scène québécoise est grande, et a une place d'honneur à un niveau international. Dans le cas de Monarque, les morceaux passent tous très bien sur scène, ce qui n'est pas étonnant avec une telle setlist, qui choisit les meilleurs pistes du dernier album et de la discographie du groupe ! Quel plaisir que d'entendre un titre comme "La Quintessence Du Mal", vraiment grandiose !
Le show est poignant comme intègre, et captivant du début à la fin. L'ambiance est très 90's, que ça soit par ces corpsepaint, ces t-shirts et patchs à la gloire de certains groupes (Vlad Tepes, Mütiilation, Emperor...), ou encore la gestuelle du frontman, très impressionnant et démoniaque avec ses lentilles. Pas de fioritures au programme, mais un show d'une efficacité d'enfer qui aura sûrement ravi tous les amateurs de Métal Noir dans l'assistance ! Espérons maintenant que cette scène continuera d'avoir sa place au RRF, bien que je n'ai aucun doute là-dessus, surtout après ces concerts de grande envergure. 

 

Setlist Monarque :

L'Appel de la nuit
Vigor Mortis
La Quintessence du Mal
Vent du Nord
Je ne suis Pas
L'Abysse aux charognes
Aux Confins de ces abîmes
Fier Hérétique


Rotting Christ
Odin Stage
18:50

Nostalmaniac : Je m'étonne de retrouver Rotting Christ aussi tôt dans le planning du jour. Leur statut de tête d'affiche me paraît indéniable au vu de leur ancienneté, mais c'est sans doute plutôt dû à un souci de timing. Bref, le public est quand même nombreux pour apprécier le concert des grecs. Un show sans artifices (le backdrop du live "Lucifer over Athens" est le seul véritable élément de décor), ni fioritures. Même si je suis plutôt fan de leurs premiers efforts studio, je reconnais que les nouveaux morceaux passent bien l'épreuve du live (je pense au haletant "Elthe Kyrie" et ses chœurs vindicatifs, mais aussi au plus martial et mystique "Apage Satana"). L'interprétation de "The Sign of Evil Existence" (tiré du fantastique Thy Mighty Contract (1993)) me plaît beaucoup comme en fin de set celle de l'ancestral "The Forest of N'Gai" (tiré de Passage to Arcturo paru en... 1991) avec son ambiance hellénique inimitable. On ressent évidemment beaucoup de professionnalisme, mais un plaisir de jouer qui demeure intacte. Un très bon moment donc alors que soleil commence à se coucher sur le site du Revermont...

 

Setlist Rotting Christ :
Ze Nigmar
Kata ton Demona Eautou
In Yumen-Xibalba
666
King of a Stellar War
Grandis Spiritus Diavolos
Noctis Era
Nemecic
Athanati Este
The Sign of Evil Existence
Elthe Kyrie
Apage Satana
The Forest of N'Gai

 


Månegarm
Thor Stage
19:55

Shawn : S’il y a bien un groupe que j’attendais depuis longtemps de voir, il s’agit bien de Månegarm… presque 7 ans depuis la découverte de la formation à la sortie de l’excellent Nattväsen. Et il faut avouer que les suédois ne sont pas souvent passés par l’Hexagone… la dernière en date remontant au Cernunnos Pagan Fest 2014. La date au RRF fait donc presque figure d’évènement, à plus forte raison puisque le groupe défend son 8ème opus, éponyme, sorti en novembre dernier. Scéniquement, le quatuor est très en place, n’hésite pas à discuter avec le public et montre clairement sa joie de se produire en France. Naturellement, la setlist reprend principalement les titres des deux derniers opus, Legions of the North (Hordes of Hell, Sons of War qui passent curieusement moins bien en live que les autres) et Månegarm (avec les épiques Blodörn ou encore Tagen av daga). A mon grand regret, bien peu de titres de Nattväsen seront joués… mon rêve serait d’entendre un jour le titre Vetrarmegin en live… Quoi qu’il en soit, l’attente n’a pas été vaine, les suédois ont donné là une excellente prestation !

 

Setlist Manegarm :
Blodörn
Tagen av daga
Hordes Of Hel
Nattsjäl, drömsjäl
Vedergällningens Tid
Sons of War
Odin Owns Ye All
Hemfärd


Kroda
Odin Stage
21:00

Shawn : Ne connaissant Kroda que superficiellement, je laisserai la parole à mes collègues. Malgré tout, la reprise (espérée par beaucoup, mais quasi-inattendue) de Jesu Død de Burzum arrivant en toute fin de set restera probablement comme l’un des moments les plus ouf du festival. Après un show qui marquera les esprits, les ukrainiens nous balancent la reprise à la face. Plus de sept minutes, avec ce riff répétitif qui rentre dans nos âmes pour ne pas en ressortir. Une intensité difficile à décrire, mais clairement, ce moment restera magique tant que groupe semble rentrer en communion avec son public, en hommage à Burzum que l’on entend bien rarement en version live. 

Hugo : Que dire ? J'adore Kroda, et chacun des albums du combo ukrainien. Et, à la simple vue du nombre de t-shirts à l'effigie du groupe, il faut croire que je n'étais pas le seul !
Alors, ça y est, les musiciens et le frontman ultra-imposant arrivent sur scène, et les premiers mots de ce dernier seront simplement "Fuck You", adressés à un relou du premier rang qui n'arrêta pas une heure durant de hurler des phrases incompréhensibles dans une langue latine qui me l'est tout autant. Une chose est sûre, c'est que personnellement, jamais je n'aurais pris le risque de provoquer le groupe et son chanteur, faut pas déconner (la masse quoi).
Venons-en à la musique, durant la première partie du concert, le groupe enchaînera plusieurs titres de son excellent dernier album, qui passent très bien l'épreuve du live tant ils sont efficaces en tout points ! Alors oui, l'opus dans son entièreté aurait pu être joué, surtout qu'il est assez court, mais le groupe privilégiera une petite revue de sa discographie en passant par les disques Fimbulvinter et Cry To Me, River..., ce qui n'est pas pour me déplaire !
Ce qui est malheureusement regrettable, c'est qu'aux premiers rangs, les claviers soient presque inaudibles. Il faut vraiment tendre l'oreille pour arriver à distinguer les nappes de synthé ou les mélodies de flûte, vraiment dommage. Mais s'ensuit alors le traditionnel "Schwarzpfad IV (Heil Ragnarok!)", de circonstance, et là ce sera le début de la fin. Oui, Kroda va me rendre fou, moi et une bonne partie du public. Car une fois le titre terminé, le groupe enchaînera sur son excellente reprise de Temnozor, un de mes titres Metal préférés. Quel pied ! Et ce n'est pas fini, car après, le chanteur nous dit vouloir enchaîner sur du Absurd, ce qui serait un choix logique, étant donné que le groupe reprend le titre "Der scharlachrote Tod" assez régulièrement. Au final, nous aurons le droit à... "Jesus' Tod", de Burzum ! Tant pis pour Absurd et cette petite blague, mais qu'importe, la reprise déchaînera tout le monde. Là aussi, on ne peut que regretter que le clavier et les samples soient perdus quelque part dans le mix, car la version studio de la reprise comportait de la guimbarde, du génie ! Et que dire, hormis que le titre, repris à la sauce slave, est jouissif comme jamais. Un concert mémorable, dont je ne me remettrai pas de si tôt.
Espérons maintenant que le groupe reviendra en France rapidement, oui, rapidement...

Schifeul : Dernier groupe ukrainien à jouer, Kroda remonte enfin le niveau général des groupes de son pays, à l’honneur cette année sur le fest, avec une excellente prestation. D’abord sur les titres piochés dans leur discographie, mais surtout en deuxième partie de set, où après Schwarzpfad IV (Heil Ragnarok!) -forcément- Kroda termine par deux reprises. D’abord la dansante Werewolf de Temnozor, puis Kroda trolle un peu tout le monde en balançant qu’ils allaient en faire une petite d’Absurd, avant d'annoncer que lol nope c’est une blague et balancer un Jesus Tod de Burzum qui m’a fait zouker comme jamais. Faut dire, en plus de l’amour que j’ai pour ce titre, c’est pas vraiment tout les 4 matins que l’on a l’occasion d’écouter un des titres de Louis Cachet en live, rien que ça valait le dimanche du Ragnard.

Dolorès : Je n’avais pas prévu d’aller voir Kroda, c’est ainsi qu’en passant devant les scènes pour me rendre d’un point A à un point B (quelle idée de mettre un festival entre le bar VIP et le village viking ?) que je suis restée tout le reste du concert, tant leur show m’a happée au passage.
Pourquoi n’ai-je jamais écouté Kroda ? Pourquoi personne ne m’a jamais conseillé leurs albums ? C’est exactement ce que je préfère dans les groupes Black à tendance Pagan/Folk ! Ce qu’il faut de mélodies folkloriques pour planer au-dessus de riffs bien écrasants et dynamiques, une voix rauque comme le font très bien les groupes de cette scène. Ayant réécouté certains titres entre temps, son chant sonne encore plus convaincant, grave et éraillé sur scène, qu’il ne l’est sur album. Un point bonus car c’est selon moi un des meilleurs atouts de ce genre musical dans les pays comme l’Ukraine ou la Russie.
N’étant pas fan de Burzum, j’ai moyennement apprécié la reprise finale, préférant celle de Temnozor, complètement inattendue par ailleurs (« Werewolf », de leur premier album « Horizons » de 2003 !). Bien que très redondant, le morceau fait le travail et il doit quand même y avoir une bonne partie du public qui connaît la musique des russes vu l’enthousiasme général.
En bref, une bonne raison de se pencher sur la discographie de Kroda à présent, il s’agit selon moi d’un des groupes les plus accrocheurs du weekend, si ce n’est le meilleur concert pour moi, dans la catégorie musiques extrêmes.

 

Setlist Kroda :
Прірва себе
DWYG!
Нічного неба очі
Похорон сонця
Endless Path Of Legends
Schwarzpfad IV (Heil Ragnarok!)
Werewolf (Temnozor Cover)
Jesu Dod (Burzum Cover)


Gaahl's Wyrd
Thor Stage
22:05

Dolorès : Bon déjà en voyant l’affiche je croyais que c’était Wyrd, le groupe finlandais très étrange, qui jouait (puisque « Gaahl’s » était écrit en petit histoire de donner le contexte tout de même). N’en ayant pas grand chose à faire des projets de Gaahl (si ce n’est quand il était dans Wardruna), j’étais un peu déçue.
Du coup, les titres de Gorgoroth ne m’ont pas tant que ça secouée, contrairement à ceux de God Seed que j’apprécie et connais déjà un peu plus. Je pense que, comme d’autres ignorants ou certains fans, j’aurai apprécié de voir quelque chose de totalement nouveau, plutôt qu’un projet solo à la Abbath qui refait ses morceaux favoris de ses propres groupes.
J’ai quand même apprécié la majorité du concert, il faut dire que Gaahl et ses gars sont pro, le show était carré, et Gaahl égal à lui-même sur scène, toujours envoûtant. Malgré les quelques longueurs ressenties pour ma part, c’était une bonne fermeture de fest (n’ayant pas eu spécialement envie de voir Nargaroth, groupe que je n’apprécie pas bien que pour avoir discuté avec l’un des musiciens live, ils aient l’air fort sympathiques).

Schifeul : Alors que je suis encore tout chaud après la reprise de Burzum par Kroda, Gaahl démarre son set sur la scène d’à coté par Sign Of An Open Eye ! Du coup ni une ni deux, je déboule devant celle ci les bras tendus vers le ciel et me laisse transporter par ce chef d’oeuvre Black Metal. Ayant encore en tête le souvenir de la prestation complètement nulle de God Seed au Hellfest, je m’attendais à me tracer dès la fin du morceau, mais une prestation bien plus convaincante me fit rester devant le groupe. Bon on a eu notre lot de trucs chiants, comme ce morceaux interminable qui aurait pu décoller vers la fin, mais la montée émotionnelle était pour quelque peu gâchée par les balances de Nargaroth. Pas de bol, heureusement que les morceaux de Gorgoroth remontent un peu le niveau. Il est à noter que le concert présentera 2 guests que l’on retrouvera complètement paumés à l’after sur du Magic System.

Nostalmaniac : A voir l'assistance, la prestation du nouveau projet de Gaahl (ex-Gorgoroth, ex-Wardruna) est très attendue. Pour ma part, si j'adore le Gorgoroth de la période 1998-2006 je n'attendais pas grand chose ce soir. D'abord, il faut bien reconnaître que le charisme de Gaahl suffit à sa présence scénique. Un grand norvégien impassible au regard tellement froid et noir. Musicalement, je suis plus mitigé. Autant les morceaux de Ad Majorem Sathanas Gloriam (2006) et Incipit Satan (2000) passent bien, autant je trouve certains morceaux de Trelldom particulièrement redondants - pour être poli - (mention spéciale à Steg). Alors, je sais certains diront que j'ai rien compris à l'essence de la musique (et blabla) mais un morceau de huit minutes avec les mêmes accords, c'est pas ma came. L'ensemble du concert m'a paru très long et je n'en retiens rien de marquant. Tant pis pour moi...

S. : “There is a god in man, and in nature”. C’est sur ces paroles et riffs de génie que s’introduit le show de Gaahls Wyrd, nouveau projet de ce cher Kristian, même si c’est un God Seed bis vu le line-up identique. God Seed qui était d’ailleurs venu conclure de façon endiablée la première journée de la précédente édition. Quelle ne fut donc pas ma joie lorsque les organisateurs ont annoncé le retour des norvégiens ici-même ! D’emblée sur « Sign of an open eye » les scandinaves me mettent en transe, et je vais rester dans cet état jusqu’à la fin du set, avec quelques montées du palpitant. C’est le cas sur le fameux « Steg ». Un riff répété constamment, mais évoquant tellement de choses… introspectif, aérien, intimiste… une mélodie s’immisçant au plus profond des tripes. D’ailleurs, on dirait que Gaahls Wyrd souhaite instaurer une coutume d’inviter une tierce personne pour participer à ce morceau. Ce fut le cas d’Einar Selvik (Wardruna, Skuggsjá…) lors de leur premier concert au Blekkmetal fest de Bergen. Cette fois, il s’agit de Kati Ran, tête-pensante de Leaf, projet Folk d’inspiration scandinave. Malheureusement, si sa montée sur scène et son accolade avec Kristian ne sont pas passées inaperçues, je n’ai pas entendu grand-chose de sa voix et de son instrument traditionnel. Etais-je mal placé dans le pit ? Dommage en tout cas. Autre invité du bal, Animae, leader du groupe italien Darkend, venu faire un duo sur « From the Running of Blood », même si à titre personnel je trouve que cela n’a pas créé de la valeur ajoutée au morceau. Il faut dire que l’aura de Gaahl est tellement hors normes qu’il est difficile de faire jeu égal avec le bonhomme. Comme à son habitude, l’individu fait preuve d’un charisme impressionnant avec ses gestes lents, son regard possédé et son jeu vocal parfait. A tel point que les autres musiciens apparaissent en retrait. Seul Sir à la guitare parvient à se démarquer avec ses attitudes intimidantes. Bref, le show idéal, le meilleur du festival pour ce qui me concerne. Mon seul regret est de ne pas avoir eu affaire à un titre inédit, à ma connaissance tous les morceaux proposés ce soir sont issus de Gorgoroth, Trelldom et God Seed. Et tant qu’à taper dans les reprises, un petit « Prosperity and beauty » aurait eu une place de choix dans la setlist.

 

 


Nargaroth
Odin Stage
23:20

Shawn : Tout comme pour Kroda, Nargaroth est un groupe que je ne connais que de manière superficielle. Cependant, il faut reconnaitre que débuter leur set avec Black Metal Ist Krieg, le titre le plus connu, ne manque pas de panache. D’entrée de jeu, met le public en PLS avec THE titre qui frappe fort, empêchant de prendre son souffle ! Ash n’a pas eu le temps de finir l’annonce du titre que déjà le pit se transforme en champ de bataille. Encore un moment intense et rare en live ! Petite déception cependant de pas voir Frühling sur la setlist (issu de l’album Jahreszeiten et son concept autour des 4 saisons). Avec son riff aux doux airs de fête de la saucisse bavaroise aurait été du plus bel effet. Dommage ! Belle conclusion à ces 4 jours intenses ! 

Hugo : La nuit est déjà bien tombée sur la vallée, et dire que beaucoup de gens attendent Nargaroth serait un euphémisme. De mon côté, l'idée de voir le groupe ne m'attire pas plus que ça, n'étant pas fan du one-man band et trouvant sa discographie assez inégale. C'est quand résonne "Sommer", sûrement mon titre préféré, que je me décide à jeter un coup d'œil au show. Sans être exceptionnel, tout est assez bien interprété, et plaisant. Cependant Ash laisse rapidement apparaître un état d'ébriété assez avancé, ce qui ne fera que se confirmer par la suite, notamment avec ses quelques speechs d'anthologie. Car s'il fallait être là ce soir, c'est sûrement pour les interventions assez historiques et, disons-le, très drôles, de la part du frontman. Pour revenir à la musique, la fin du concert se déroulera assez bien, mettant en avant l'aspect "rock'n'roll" des compositions. Et, sûrement pour imiter Graveland la veille, Ash se laissera tomber sur scène une fois le dernier titre terminé. Mais avec beaucoup moins de classe que Darken, n'exagérons rien. 

Nostalmaniac : La première et dernière fois que j'ai vu Nargaroth c'était en mai 2010, en Belgique. Un concert mémorable où Kanwulf/Ash a été impérial dans le rôle du chef d'orchestre. Justement parlons-en de l'orchestre. Le lineup live a des allures de chaise musicale même s'il semble se stabiliser depuis quelques années avec des membres de Mor Dagor et Panzerchrist. Si le groupe allemand n'a pas de nouvel album à défendre (leur dernier, Jahreszeiten, est sorti en 2009...), il leur reste un fameux répértoire dans lequel on retrouve le bien connu Black Metal ist Krieg (A Dedication Monument) (2001). Ce dernier ne m'a jamais vraiment convaincu (à part pour les reprises, tiens donc). C'est plutôt leur dernier en date qui m'a bluffé. Quatre morceaux sur les quatre saisons. Un concept qui n'est pas novateur mais l'intérprétation est stupéfiante d'émotions. Bref, je suis heureux de revoir Nargaroth qui depuis s'est bien rodé aux concerts. Après un speech des organisateurs et les remerciements d'usage de l'équipe du RRF pour ce dernier live du festival (snif...), la bande à Ash entre sur scène et il ne faut pas longtemps pour comprendre que le frontman teuton est complétement ivre. On apprendra que leur matos et leurs éléments de scène sont restés à l'aéroport. Une croix inversée en bois faite à la hâte trônera en guise de backdrop et les Grecs de Rotting Christ vont leur prêter quelques habits. Pour commencer les hostilités, "Black Metal ist Krieg" déboule et l'état d'ébriété de Ash donne une saveur particulière à ce show. Je suis partagé entre admiration pour un mec mort saoûl je- m'en-foutiste sur scène dont le groupe est quand même tête d'affiche et déception pour une attitude qui n'est pas du tout pro. Bon, c'est pas Phil Anselmo non plus. On notera juste un"Europe is dying" (j'ai pas forcément compris le reste) qui vient du fond du coeur. Pour le reste, on le sent plutôt concerné par la taille de son sexe. Alors oui, ça donne un côté très "humain" à la prestation mais quand "Sommer" est joué en speed run, c'est pas le bon délire. Il titube, se met à genoux, se colle à un de ses guitaristes. Alors je ne passe pas un mauvais moment, loin de là mais c'est bien trop bâclé. On n'aura pas droit à l'habituel medley Burzum/Mayhem qui fait toujours son effet. J'ai même l'impression que le set est raccourci. Après, le lancinant "Seven Tears Are Flowing to the River" ne me laisse pas insensible de part son incroyable intensité. Au final, je suis donc partagé et je ne sais pas quoi vraiment en penser même avec du recul. Un dernier concert... particulier.

Schifeul :  Le fest se clôt sur Nargaroth. La seule fois où j’ai pu voir les allemands en concert, c’était dans une salle de 200 places à Roubaix, devant 15 personnes, en comptant les mecs des groupes de première partie. Donc autant dire que j'étais un peu curieux de voir ce que donne le groupe dans de vrais conditions. Bon pour le coup la moitié de leur matos a été paumé à l’aéroport, donc on aura pas une scène totale mais on s’en contentera.

Alors qu’est ce que ça donne Nargaroth en live ? Bah en gros, un Kanwulf complètement torché qui nous demande de venir sucer sa toute petite petite petite bite entre deux fuck off. Un truc d’allemand quoi ! Mais le petit bonhomme reprend tout de même un moment son sérieux et nous demande pour le coup de l’écouter même si c’est un con avant de nous sortir un bon speech des familles sur l’Europe en train de mourir. Après cet avertissement à l’encontre du Grand Remplacement, Kanwulf nous sort la magnifique Seven Tears Are Flowing to the River. Alors que jusque la je regardais le concert du coin de l’oeil en me baladant, là je me pose et me laisse transporter par ce titre, le seul valable d’un groupe qui au final présente peu d'intérêt et qui est tout de même pas mal surcoté quand on voit sa place sur l’affiche. A la suite de ça, comme Graveland, on a le droit à quelques pirouettes en fin de concert, mais on a pas réussit à atteindre le génie des polonais. Par contre j’ai pas eu ma chanson des Musclés, pas cool.

 

Setlist Nargaroth :
Black Metal ist Krieg
Karmageddon
Agonizer
Sommer
The Day Burzum Killed Mayhem 
Abschiedsbrief Des Prometheus 
Semper Fidelis     
Seven Tears Are Flowing to the River
Possessed by Black Fucking Metal

 

CONCLUSION

Nostalmaniac : J'ai passé quatre jours mémorables sur ce site de Simandre-sur-Suran. Alors bien sûr, je ne vais pas occulter les soucis organisationnels (les douches, le système des runes, les files, la pertinence de certains stands, etc), ni la pinte de Skoll à 10€, et encore moins les soucis récurrents de son (avec comme apothéose cette annihilation du "show spécial" de Nokturnal Mortum) mais je retiens surtout ces bons moments avec les potes, mon équipe adorée et de nouvelles connaissances pendant les concerts et les soirées au camping ou au bar VIP. J'ai encore dans la tête les concerts de Graveland, Forteresse, Selvans et Moonsorrow qui sont assurément mes coups de coeur du festival. Un festival qui a fait polémique, et qui continuera sûrement, mais qui a sa place parmi les autres avec sa programmation assez unique et audacieuse et une ambiance hors du temps qui m'a fait beaucoup de bien. Rien qui m'a fait penser à un rassemblement néo-nazi. Des t-shirts, quelques Sieg ? Oui, et il n'y a pas besoin du Ragnard Rock pour ça malheureusement... Merci en tout cas aux organisateurs. Je reviendrai.

Last but not least, je n'oublie surtout pas cette dernière soirée avec les bénévoles et l'animation de DJ "fucking poser" Prout qui m'a laissé un goût de trop peu... Allez savoir pourquoi...

Hugo : Il y a beaucoup de choses à dire sur ce Ragnard Rock Festival qui, décidément, aura été le fruit de nombreuses complications, tant avant que pendant le fest finalement. Des points noirs en terme d'organisation, que nous avons souligné, et que nous continuerons de souligner car c'est notre rôle en tant que webzine et, qui plus est, en tant que partenaire du festival.

Mais qu'importe tous les soucis, au final, ce que je retiens, et je ne suis pas le seul au sein de l'équipe, c'est avant tout une expérience humaine exceptionnelle passée sur ces 4 jours de fest. De par l'ambiance chaleureuse qui s'en dégageait, de la sympathie de la plupart des gens, et à titre personnel, de ce superbe long week-end passé entre amis.
Ajoutons à cela un cadre magnifique et tout à fait cohérent quant à l'esprit du festival, le Revermont, qui est pour moi une grande découverte ainsi qu'un véritable coup de cœur tant les paysages me laissent rêveur. Pour les concerts on le sait, de superbes découvertes et confirmations qui nous font au final oublier les quelques déceptions malheureusement inévitables.
Je pense notamment à l'annulation de The Moon & The Nightspirit, que tout le monde attendait, ou encore à ce set de Nokturnal Mortum qui nous laissera un arrière goût amer.
Mais pouvoir apprécier la présence de tant de groupes inédits dans nos contrées, de formations internationales allant de Kroda à Graveland, de Forteresse à Daemonia Nymphe, fait clairement partie des atouts majeurs du festival. Des choix qui, au final, témoigneront d'une ouverture d'esprit conséquente de la part des organisateurs, tant les barrières culturelles et linguistiques seront brisées en l'espace de quelques jours. On remarquera aussi que l'affiche gagne a être de plus en plus cohérente, étant désormais clairement axée "Pagan", et appuyant totalement le propos du village viking, assez dépaysant et clairement bienvenue.
Le site lui est grand, très grand, ce qui permet d'être relativement tranquille le soir et de pouvoir vagabonder sans aucun soucis la journée. L'ambiance est tranquille et détendue, ce qui est suffisamment rare pour être souligné, d'autant que l'on assistera à aucun vrai débordement, et ce malgré la diversité de personnes présentes.

Alors continuons de soutenir le festival et ses initiatives. Car quoi de plus beau que de pouvoir se retrouver entre amis pendant quelques jours, vivre une expérience hors du temps, qui s'avère au final inoubliable.
Plus que jamais je suis fier de faire partie de cette aventure, et plus que jamais je suis heureux que cela continue. Alors c'est en tant que profiteur pour certains comme d'acolyte pour d'autres, que je tourne cette page, désormais inscrite quelque part en chacun d'entre nous (cela va bien évidemment des cœurs aux foies).

Car nous aurons toujours de l'hypocras, que la nature environnante restera belle si l'on y prête un peu plus attention, et que notre musique préférée continuera de résonner au travers de nos corps et oreilles, vivons et dansons.

Vivement le prochain rencart.


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Crédits :
Textes par l'équipe Horns Up.
Photos par Sylvain Clapot et Baptistin Pradeau, équipe Horns Up.

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