Live reports Retour
jeudi 21 juillet 2016 - Team Horns Up

Ragnard Rock Festival 2016 - Warm-Up

DANS LES PRÉS - SIMANDRE-SUR-SURAN

Team Horns Up

Compte groupé de la Team Horns Up, pour les écrits en commun.

Difficile de nier que le chemin vers cette nouvelle édition du Ragnard Rock Fest a été semé d'embûches, déjà pour l'équipe du festival avec des pressions en tout genre et pour les médias partenaires sommés de se justifier sans même avoir mis les pieds sur le site de Simandre-sur-Suran. Une hystérie que nous n'avons pas voulu alimenter inutilement d'où notre silence avant le festival. On ne fait décidement pas le même boulot que certains sites putaclics et on s'amuse aussi de certaines réactions qui s'étonnent que nous soyons à la fois présents au Ragnard Rock et à l'Obscene Extreme. Horns Up n'est définitivement pas un parti politique ou une secte mystico-religieuse dont Maxwell serait le gourou.

Après une première édition ambitieuse et plutôt réussie quoique perfectible sur bien des points, le Ragnard Rock Festival est de retour (encore sur fond de polémique et d'odeur de souffre) sur un nouveau site (non loin de l'ancien cependant), plus grand et avec une programmation enrichie (une quarantaine de groupes et plus de vingt nationalités représentées). Notons aussi l'ajout d'une nouvelle scène (la Heim Stage, dédiée au Folk). Cette année, c'est l'Ukraine qui est mise à l'honneur (village varègue, groupes). Une bonne partie de l'équipe de Horns Up a donc mis le cap sur l'Ain.

S'il est vrai qu'un warm up est rarement excitant, celui du RRF a su suscité très rapidement l'engouement avec l'annonce du retour de Nokturnal Mortum dans le Revermont pour un show spécial. Une soirée qui sert de transition entre la première édition et la nouvelle. On retrouve donc également les Français de Obsession et Himinbjorg mais aussi les Polonais de Helroth.

Récits...


Obsession

Odin Stage

20h15 - 20h45

S. : Ça y’est, le grand jour est arrivé, celui que j’attends depuis des mois ! La seconde édition du Ragnard Rock est officiellement lancée. Les portes devant officiellement ouvrir à 18 heures, me voici dans les prairies du Revermont avec la ponctualité qui me caractérise. Malgré tout, les premières minutes me laissent perplexe. D’abord au parking festivalier on me donne l’accès à l’espace VIP, puis on me le refuse quelques mètres plus loin. J’insiste. Finalement j’atteins mon objectif. Ensuite, il me faut récupérer le pass photo, Saint Graal pour pénétrer dans le pit. Et là, c’est digne d’une administration française : on me balade aux quatre coins du site, aucune des personnes -sympathiques au demeurant- ne me dit la même chose. Au bout du compte, on me signale qu’il faut aller le récupérer à l’accueil festivaliers. Oui, là où s’entasse un monde phénoménal, dans l’attente de récupérer leur bracelet synonyme de droit d’entrée. En bon enculé de base je double tout le monde pour réceptionner ma précieuse quête : un simple bracelet orange fluo. Assez léger faut-il avouer. Après ces quelques péripéties, me voilà de retour dans l’enceinte du fest’, où seuls les VIP, bénévoles et exposants y sont, puisque le public est toujours cantonné à l’extérieur. Manifestement, des problèmes de réseau 3G rendent difficiles les validations des tickets, conduisant à un certain retard et quelques manifestations d’impatience légitime.
Bref, 19h45, les portes ouvrent enfin, avec près de deux heures de retard. Pour ne rien arranger, les images satellite montrent le développement d’une énorme cellule orageuse sur le lyonnais. Je me dis que décidément, ce festival est maudit.
Alors que de nombreuses personnes sont encore retenues à l’extérieur, le premier groupe n’a pas d’autre choix que de débuter, sur les coups de 20h15. Il s’agit des locaux d’Obsession, qui ont remplacé Faces of Deep Terror, annoncé initialement. Je ne boude pas mon plaisir, puisque les régionaux de l’étape m’avaient fait belle impression l’année dernière. Bien que n’ayant rien à voir avec l’esprit pagan/viking du week-end, le quintet va balancer une demi-heure durant leur Thrash/Death puissant, incisif et percutant, avec une influence Heavy/Rock’n’Roll bien sentie. Les musiciens font preuve d’une grande aisance sur scène et ne laissent que peu de temps mort à l’auditoire encore clairsemé. Une formation à soutenir, ils le méritent.

Setlist Obsession : 
Stoned World
Social Disorder
Century of Decadence
Absolute War
Knights of The Temple Order
Homeless Children


Helroth

Odin Stage

21h05 - 21h45

S. : De ce warm-up, Helroth est le groupe qui m’emballe le moins, leur prestation de l’année dernière ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable, mise à part la flûtiste. Le Pagan/Folk Metal mélodique délivré par les Polonais a une fois de plus du mal à me convaincre, malgré la densité de musiciens, au nombre de sept, sur les planches de la Odin. Il faut dire que j’ai déjà la tête ailleurs, à savoir le prochain combo, d’un tout autre calibre…

Setlist Helroth : 
Wilcza jagoda
Bracia
Mamuny
Prząśniczka
Pasterz chmur
The Hidden Path
I, Pagan
Karczma Rzym
Wolfpack


Himinbjorg

Odin Stage

22h15 - 23h15

Hugo : Quel début de soirée riche en émotions ! C'est après plusieurs heures d'attente pour obtenir un pass VIP et rejoindre le camping (4h au total, donc) qu'une partie de l'équipe, dont moi, se rend devant la Thor Stage afin d'assister au concert des Français d'Himinbjorg ! Le groupe, qui fête cette année ses 20 ans d'existence, proposera un show très professionnel sur le plan musical. Et, malgré les quelques problèmes de son, on profite bien des morceaux, partagés entre "envolées vocales pagan" collant parfaitement au cadre du festival, et passages plus énervés sans qu'aucune note de guitare ne soit mise de côté.

Un plaisir donc que d'assister au concert des vétérans, dont le seul membre original reste Zahaah, le chanteur/bassiste, ayant une présence scénique tout à fait soulignable. On regrettera seulement le manque de communication entre les morceaux, ou d'un quelconque sample pour ne pas "briser" l'atmosphère, ainsi que les quelques débiles déjà torchés dans le public qui, en plus d'un manque de tenue incroyable, se permettaient de mettre des baffes à la volée. Quel dommage aussi que ces passages à la cornemuse dont on n'entendra rien du tout dans les premiers rangs ! J'aurais vraiment dû aller me positionner derrière, où le son avait l'air nickel. Mais heureusement, la traditionnelle reprise de l'excellent "The Horny and the Horned" d'Impaled Nazarene (ces riffs, ce groupe putain !) et l'outro "Valaskjàslf" clôtureront ce set de la meilleure des manières.

Schifeul : Après être rentré sur le camping et obtenu mon bracelet sans difficulté ou attente particulière (bha oui, déso mais pas déso, sur ce point aucune gène et rien à dire sur l’orga) je décide enfin à bouger mon cul du camping pour aller regarder Himinbjorg. Première fois que j’ai l’occasion de voir les Chambériens en live et c’est limite une découverte du groupe pour moi car je n’avais écouté jusque là que quelques titres çà et là. Malgré un problème technique qui handicapa pas mal le set au beau milieu de celui-ci, ce fut une très bonne initiation. Je me suis laissé aller aux envolées épiques et sorti quelque hooohooohooo que j'apprécie toujours dans ce style de musique.

Nostalmaniac : Après une longue matinée (arrivé à 8h du mat' de Belgique) et quelques quiproquos pour avoir mes accès (assez vite pris au sérieux par l'orga pourtant débordée) sans oublier une installation sous un soleil de plomb, l'acclimatation est nécessaire et j'arrive donc en cours de set pour mon premier concert du fest. Je l'avoue tout de go, je n'ai jamais approfondi la discographie de Himinbjorg. J'ai toujours cru que c'était un groupe de pagan/folk assez banal et je reconnais volontiers mon erreur à l'écoute d'un set énergique, pas exempt de problèmes techniques malheureusement, exécuté par des vétérans visiblement heureux d'être là. Bref, du Pagan Black joué avec une conviction palpable et qui avait sa place ce soir-là avant le groupe que tout le monde attend avec impatience...

S. : Ah, mes amis d’Himinbjorg ! J’ai beau être un assidu spectateur de leurs shows ces dernières années, c’est toujours un plaisir immense que de les voir se produire sur scène. Et c’est une juste récompense que de les retrouver au Ragnard Rock cette année. C’est sur la solennelle introduction de leur dernier album, Wyrd, que les musiciens pénètrent dans l’arène. Comme à l’accoutumée, la bande à Zahaah enchaîne sur leur Pagan Black Metal de première catégorie, avec leurs titres classiques et d’autres plus récents, que je commence à connaître par cœur. C’est guerrier, revanchard, percutant…un champ lexical récurrent de ma part lorsque j’évoque leurs prestations scéniques. Comme il y a un an, pour l’interprétation de quelques passages folk, on a le droit à de brèves apparitions de Baptiste à la cornemuse gasconne, profitant de sa présence sur le fest’ avec Boisson Divine, qui jouera le lendemain. Un bémol cependant, cet élan frénétique va être temporairement interrompu par un souci technique, juste avant « In The Haze Of The Summer Solstice's Fire ». Manifestement, personne de l’équipe technique ne vient à leur secours, le vocaliste étant obligé de prendre le micro et faire part de son relatif agacement dans ses propos. Cet incident clos, Himinbjorg repart comme en 40 pour finir leur set, jusqu’au spirituel « Valaskjàslf », épilogue d’un excellent show !

Setlist Himinbjorg :
Intro – Call of the being
The sword of dignity
What was…
Circle of warriors
Initiation
Destin de Sang
In the Haze of the Summer Solstice's Fires
Rising
Death of a king
The Horny and the Horned (Impaled Nazarene cover)
Valaskjàslf


Nokturnal Mortum

Odin Stage

00h45 - 1h45

Shawn : Quelle longue histoire … En fait Nokturnal Mortum c’est une sorte d’arlésienne … Nul besoin de préciser que le groupe est très rare en France. C’est bien pour ça qu’il y a deux ans, presque jour pour jour, j’avais pris la direction de l’Ukraine, avec le Carpathian Alliance Festival, petit festival de black perché au sommet d’un mont des Carpates ukrainiennes où le groupe était à l’affiche. Malheureusement quelques jours avant le festival, le groupe annule. Qu’importe, on y était allé, on avait pris un panard monstre sur Wardruna et bien d’autres. Et quand j’ai vu l’an dernier que le groupe était à l’affiche du Ragnard Rock, et que ce concert avait semblé dantesque à bien des égards, j’avais été plus que troublé de n’avoir pu m’y rendre. Alors imaginez le bonheur au moment d’apprendre que le groupe sera non seulement de retour pour 2016, mais avec un show spécial !

La joie, l’impatience de voir enfin ce pied de micro si particulier … Et il faut dire que le groupe a su se faire désirer. Outre le retard déjà accumulé de la journée, le linecheck semble interminable et le sample d’intro tout autant. Bref, le groupe monte enfin sur scène, et ce fut le début d’un orgasme auditif et visuel rare … un moment hors du temps, dans une sorte de monde parallèle astral … L’énorme claque sur Україна … et le dur retour à la réalité … très brutal, lorsque l’on comprend que le retard accumulé empêchera le groupe de terminer son set. Un concert d’une heure à peine au lieu d’1h45 annoncée. La douche froide, tant pour le public, dont certains, totalement dégoûtés n’hésiteront pas à faire connaître leur colère, que pour le groupe, dissimulant à peine leur amertume de voir leur show spécial, probablement très travaillé en amont, s’évaporer. Triste donc de ne pas avoir pu entendre White Tower et bien d’autres … Le retard est d'autant plus incompréhensible que le battement entre Himinbjorg et NM semblait large (1h). N'aurait-il pas été de bon aloi d'utiliser les deux scènes principales pour le Warm-Up plutôt que de concentrer tous les groupes sur une unique scène, de manière à optimiser le planning ? Et si ça ne s'est pas fait, pourquoi ? Manque de main d'oeuvre ? Probable ... mais triste !

Hugo : Comme beaucoup de gens, la venue des Ukrainiens était une des raisons de mon déplacement. Et comment refuser un set spécial de quasiment deux heures !

La réalité fut autre, bien malheureusement. Je ne suis pas le premier à le conter, mais après une telle attente et une telle communication autour du concert, nous étions en droit d'attendre quelque chose de grandiose. Alors le groupe débute son set, on est captivés, et peu à peu la sauce ne prend plus, on s'assied dans l'herbe en se laissant emporter par la fatigue accumulée. Que dire ? Les samples bouffent tout le mix, supprimant une grande partie de l'intérêt du set, qui aurait dû être plus "spécial" ! Pas d'instruments traditionnels, seuls quatre musiciens (doués) qui interprètent leurs morceaux, sans conviction et sans âme. Même la plupart des chœurs ne seront pas faits en live ! C'est d'autant plus triste quand on est fan du groupe, on a vraiment l'impression d'assister à un show robotique. Le set sera au final amputé de plus de 40 minutes, faisant donc l'impasse sur des titres comme "White Tower" ou "Valkyrie", pourtant indispensables. On se retrouve donc avec un show qui n'est ni "normal", ni "spécial", mais décevant.

Malgré tout, les frissons m'envahissent lors du titre "Ukraine", qui achèvera cette fin de soirée prématurée. Heureusement, cette première journée en demi-teinte musicalement parlant sera rattrapée par la suite. À suivre, donc. 

Nostalmaniac : Ah, Nokturnal Mortum est un des groupes qui m'a beaucoup marqué plus jeune. Une histoire qui a commencé pour moi avec le froid, malsain et folklorique NeChrist (1999) loué à la Médiathèque (!) de la capitale belge. Le combo ukrainien a continué son chemin avec cette odeur de souffre qui me plaisait tellement adolescent jusqu'à en surprendre beaucoup en 2009 avec le chef d'oeuvre qu'est The Voice of Steel. Son Black empreint de tradition et de folklore slave et ses passages planants à la Pink Floyd fusionnent à merveille. Le tout soutenu par des choeurs puissants. Epique, majestueux ! Depuis le lineup a changé (une constante dans leur histoire malheureusement), et il ne reste plus que l'imposant leader historique Knjaz Varggoth (vocaux/guitare) et Bairoth (batterie). Comme vous le savez, Nokturnal Mortum fait partie de ces groupes qu'il était impensable de voir dans nos contrées il n'y a pas si longtemps et l'équipe du Ragnard Rock a réussi l'exploit de les faire venir l'année dernière et les faire revenir cette année. D'autant plus intéressant cette année qu'il est annoncée un show spécial longtemps tenu secret mais nous étions dans la confidence des mois auparavant. Sans néanmoins - je le précise - connaître vraiment les détails. Personnellement, j'espèrais avec énormément d'excitation The Voice of Steel joué en intégralité avec quelques morceaux en plus. Comme mes petits camarades l'auront fait remarquer également, ça s'annonce mal avec un faux départ et une intro en boucle qui fera réagir les spectateurs comme des supporters de foot à chaque fois qu'elle se coupe... et se relance. Après un speech un peu yolo, le set commence enfin et je suis heureux comme un gosse sur les deux premiers morceaux (les classiques "Weltanschauung" et "Into The Flames of Wooden Churches") puis... la désillusion commence et les questions se multiplient.. C'est quoi ce son ? C'est quoi ce sample mis bien trop en avant ? C'est quoi ce rétro projecteur cheap ? Alors je sais que depuis le groupe s'est exprimé et a donné les raisons de ces problèmes mais pour le coup je vais être aigri. Un mec a mal fait son travail ? Il a foutu son cable où il fallait pas ? C'est de la cuisine interne ! Moi je m'attendais à une fin de soirée historique et plus elle avance plus j'ai l'impression de voir une répète d'un groupe que j'adore. Une répète avec beaucoup de potes et des light. Et quelques épouvantails sur scène (il est resté à Kharkiv le décor shamanique ?) Si "In Shackles of Time", tiré du split avec Graveland, passe bien et arrive à sonner malgré tout très hypnotique et magique avec les éclairs au loin, il n'y aura pas de réconciliation avec l'ingé son dans les choux. Pire ! La palme revient à l'avant-dernier morceau où on ne comprend vraiment rien des instruments (surtout les guitares). Je n'exagère pas ! C'est un magma sonore incompréhensible avec un passage/sample un peu électro sorti de nulle part qui me rend confus. Je ne dirai même pas que le dernier morceau (et oui...) "Ukraine" sauvera les meubles tant la déception est grande (les choeurs sont mous pour en rajouter une couche) et j'ai juste envie de râler et dire que de moment historique il n'y en a pas eu pour les yeux et les oreilles. Quel immense gâchis quand on connaît leur répertoire et leur potentiel scénique (il suffit de regarder le DVD du Kolovorot fest XII et compter ses larmes).

Schifeul : Le warm up se conclut sur un show spécial de Nokturnal Mortum qui a pour l’occasion un créneau d’1h45. Mais en fait non. Alors que la journée a déjà pas mal de retard sur l’horaire habituel, les Ukrainiens mettent des plombes à installer leur scène qui, outre l’apparat habituel d’ossements, présente 2 épouvantails nuls et des rétroprojections avec une fenêtre windows en plein milieu. M’enfin j’exagère, elle a bien disparu pour le départ du concert cette fenêtre, tout comme le groupe, car dès le début du premier morceaux, on entendait ni le chant, ni la guitare de Varggoth. On verra même une personne de l’asso monter sur scène pour limiter la casse en essayant de combler le vide en brassant de l’air. Après ce contretemps qui retarda à nouveau le concert proprement dit, Nokturnal commence enfin son set qui se trouvera amputé de 45 bonnes minutes. Sachant que les bonhommes auraient dû tourner un DVD, voilà le projet qui tombe à la flotte.

Pour ma part, malgré un côté folk un peu trop prononcé sur les morceaux joués ce soir, je me suis laissé prendre au jeu. Pas le concert de fou que ça aurait pu être, mais pas non plus la catastrophe. Après que la même personne de l’asso soit à nouveau montée sur scène pour annoncer que cela serait le dernier titre (????) Nokturnal Mortum nous joue un Україна repris par tout le Ragnard.

S. : Voir pour la seconde année consécutive un groupe qui ne s’était jusqu’alors jamais produit en France, j’en avais rêvé, le Ragnard Rock l’a fait. Après avoir fait sensation à la première édition, Nokturnal Mortum est de retour ici-même. Premier représentant de la scène ukrainienne du festival -puisque ce pays est à l’honneur cette année- la bande à Varggoth est attendue. L’attente. Voilà un mot qui caractérise bien ce warm-up. Dans le running-order, il était prévu un battement d’environ 75 minutes entre les deux têtes d’affiche, apparemment pour une mise en scène spéciale. Les deux épouvantails placés sur l’autel de cérémonie me laissent dubitatif, pour ne pas dire désappointé, moi qui m’attendais à un décorum fourni. Une heure et demie après qu’Himinbjorg ait fini leur set, sur les coups de 00h45, Nokturnal Mortum entre enfin en piste. Enfin, pas tout à fait. Du fait de désagréments techniques, le sample d’introduction est répété en boucle, une sorte de bourdonnement agaçant à la longue, le groupe serait-il remplacé par une formation de drone ambiant ? Bon, « Weltanschauung »retentit enfin. Je trouve le son un peu trop fort, ce qui a tendance à créer une sacrée bouillie, mais celui-ci semble cependant s’améliorer par la suite, et je commence à prendre plaisir à écouter le set. Jusqu’à ce que Mag’, une des organisatrices, ne monte sur la scène pour annoncer l’interprétation du dernier morceau de la soirée, après même pas une heure de cérémonie ! On peut donc ravaler notre « show spécial avoisinant les deux heures » pour conclure sur l’excellent « Ukraine », qui prend ici un goût amer.

Plus tard, le groupe se fendra d’un communiqué Facebook pour expliquer les problèmes survenus en coulisses : outre le retard accumulé en début de soirée, une personne extérieure à leur équipe d’ingé’ son aurait mis son nez dans les branchements, causant des soucis au niveau des retours, d’où l’interruption après le premier morceau. Selon leurs dires, cela aurait pris une trentaine de minutes à leur ingé’ son pour trouver l’origine du problème. Puis de toute manière, le site devant être fermé à 2 heures, leur show allait nécessairement être tronqué. J’imagine que leur amertume doit être aussi forte que celle du public, vu les mois de travail derrière pour préparer ce set qui, au final, n’aura rien eu de spécial. Dommage.
Point positif cependant, dans un tout autre registre, il n’y a pas eu d’orage sur Simandre ce soir, et c’est presque miraculeux tant les conditions en fin d’après-midi étaient menaçantes…On se console comme on peut hein !

Setlist Nokturnal Mortum | Ce qui était prévu :
Molpha 
Into The Flames of Wooden Churches 
Weltanschauung 
In Shackles of Time 
Hailed Be the Heroes 
The Voice of Steel 
Wolves 
White Tower 
Ukraine 
Black Raven 
Kolyada 
Eight Days to Spring

La (triste) réalité du soir :
Weltanschauung 
Into The Flames of Wooden Churches 
In Shackles of Time 
Hailed Be the Heroes 
The Voice of Steel 
Ukraine 

En conclusion, une journée assez compliquée pour l'ensemble de l'équipe (certains bloqués dans les files pendant quatre heures - être VIPute ne suffit pas) et qui se termine en cruelle déception dans un warm-up censé donner l'impulsion au déroulement du festival et qui avait suscité, comme je le disais en préambule, beaucoup d'engouement et d'enthousiasme avec l'annonce du retour de Nokturnal Mortum. Un bémol, qu'on espère voir résolu au plus vite, ce sont les problèmes de son récurrents. Après, l'ambiance est vraiment chaleureuse. Il est agréable de circuler sur le village, boire et manger un bout (stands végé, savoyards, burger/frites, etc) et aller dans le Metal Market où on voit pas mal de labels familiers et de têtes connues. Mention très bien aussi pour les bénévoles (selon les échos que j'ai pu avoir, beaucoup avaient décliné du fait de la polémique) et le staff de sécurité toujours sympa. Allez, il reste trois jours de festival...

*     *     *

*

Crédits :
Textes par l'équipe Horns Up.
Photos par Sylvain Clapot et Baptistin Pradeau, équipe Horns Up.

 

Photos