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Album

17 décembre 2016 - Balin

Ritualization

Sacraments to the Sons of the Abyss

LabelIron Bonehead Productions
styleDeath Metal
formatAlbum
paysFrance
sortiefévrier 2017
La note de
Balin
8/10


Balin

Matthieu, 24 ans, basé à Nantes. Ancien membre d'U-Zine et de Spirit of Metal. Vous me retrouverez pour les chroniques et live reports de divers styles musicaux.

Il est de ces groupes qui prennent leur temps. Poursuivant son petit bonhomme de chemin sans trop se soucier de ce que font les autres et peaufinant son style inlassablement dans l’ombre. C’est un peu le parcours de Ritualization, formation française nous venant tout droit d’Orléans. Formée en 2006 par Warchangel (chant), Blastum (batterie) et Infamist (guitare), le combo francilien sort une première tape rehearsal en 2007 avant de publier sa première démo en 2009, l’excellent The Abduction Mass. S’ensuit en 2011 un split avec leurs compatriotes de Temple of Baal, conjointement à l’arrivée dans le groupe de Set (Antaeus, ex-Aosoth) à la seconde guitare. 2013 voit enfin la sortie du premier EP 2 titres, Beyond the Shrine of Shattered Bones. Pendant ce temps-là le groupe s’offre de remarquables prestations live (Kill Town Deathfest 2012, Wolfthrone Festival, ouverture de Portal au Divan du Monde et j’en passe). Ce n’est finalement qu’onze années après sa création que Ritualization nous fait don d’un premier full lenght, et dire qu’il s’est fait attendre serait un euphémisme ! Sacraments to the Sons of the Abyss, magnifiquement orné par Chris Moyen, sortira dans les bacs le 3 février 2017 prochain sous la houlette de l’indétrônable leader actuel de la scène Black/Death metal, Iron Bonehead Productions.

Pour ceux qui ne seraient pas familiers du groupe, Ritualization propage depuis ses débuts la sainte parole du Death Metal avec un riffing caractéristique qui se rapproche de Morbid Angel, Angelcorpse et Centurian, le tout soutenu par les blasts sans pitié de Blastum, véritable machine de guerre ayant également commis des méfaits chez Antaeus, Aosoth, Merrimack ou encore Osculum Infame. Pour les fans de la formation, rassurez-vous, la recette n’a pas changé, et elle s’est surtout extrêmement bonifiée avec le temps !

Une fois passée la courte introduction de l’opus, nous voilà en effet projeté au sein d’une véritable avalanche de noirceur et de brutalité. Les ritualizés ne se sont pas calmés avec le temps, au contraire. Et c’est bien simple, la pression ne retombera qu’à la fin de l’album. Il y a certes quelques passages disséminés ici ou là, comme sur The Graveyard Coven ou sur Heretics, morceau lourd, poisseux et occulte clôturant le disque de la plus belle des manières (ces leads !), mais cela ne dure qu’un temps.

L’album forme clairement un tout cohérent, avec d’un côté le chant véloce et invocateur de Warchangel (Last Rites to the Damned, Herald of Betrayal), un riffing alambiqué et fouillé mais extrêmement efficace (The Graveyard Coven, Morbid Magick Stigmata) et des parties de blasts fulgurants à vous coller le cul par terre (jetez une oreille aux premières notes de The Graveyard Coven ou de Revelead in Terror !).

Mais là où Ritualization a réellement réussi son tour de force, c’est en insufflant à son Death Metal une réelle personnalité et une aura maléfique. On est loin du déballage de technique et de rapidité d’exécution. Chaque riff est à sa place, chaque ligne de chant est bien sentie et les nombreux leads magnifient cette ode à la mort et aux ténèbres. La relative longueur des morceaux (qui s’étalent entre 3min50 et 6min34) permet en ce sens de créer une ambiance mortuaire et occulte tout en restant extrêmement agressifs et efficaces.

Personnel tout en rendant hommage d’une très belle façon à ses influences, le groupe français conclut d’une très belle manière cette première partie de carrière en nous offrant un excellent disque qui, espérons-le, soit le point de départ d’une reconnaissance internationale plus large, ce qui serait amplement mérité après tant d’années de bons et loyaux services. C’est en tout cas tout le mal qu'on leur souhaite car ce Sacraments to the Sons of the Abyss figurera très certainement dans mon top 2017 (oui oui, vous verrez !) 

Tracklist :

1. Conjuration of the Howling Depths (intro)
2. Last Rites to the Damned
3. Genesis to Your Curse
4. Herald of Betrayal
5. The Graveyard Coven
6. Beneath the Sepulchre
7. Revealed in Terror
8. Morbid Magick Stigmata
9. Heretics
10. Ashes Pouring from the Chalice (outro)